I. Définir et caractériser les conflits contemporains
A. Qu'est-ce qu'un conflit armé aujourd'hui ?
Un conflit armé n'est pas simplement une dispute ; il implique l'usage de la violence armée entre des acteurs organisés.
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Définition du conflit armé : Selon le droit international humanitaire, un conflit armé survient dès qu'il y a recours à la force armée entre deux ou plusieurs États (conflit armé international) ou entre les forces armées d'un État et des groupes armés organisés non étatiques, ou entre de tels groupes (conflit armé non international). La violence doit atteindre un certain seuil d'intensité et de durée.
- Il ne s'agit pas d'un simple incident, mais d'une situation où la violence est généralisée et prolongée.
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Typologies des conflits :
- Conflits interétatiques : Ils opposent deux ou plusieurs États souverains. Historiquement majoritaires, ils sont devenus moins fréquents depuis la fin de la Guerre Froide, même s'ils restent une menace sérieuse (ex : invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022).
- Conflits intra-étatiques : Également appelés guerres civiles, ils se déroulent à l'intérieur des frontières d'un État, opposant le gouvernement à un ou plusieurs groupes armés non étatiques, ou plusieurs groupes non étatiques entre eux. C'est la forme de conflit la plus courante aujourd'hui (ex : guerre civile syrienne).
- Conflits internationalisés : Ce sont des conflits intra-étatiques où des puissances étrangères interviennent militairement ou soutiennent l'une des parties (ex : intervention de la Russie et de l'Iran en Syrie).
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Acteurs des conflits :
- États : Ils restent des acteurs majeurs, cherchant à défendre leurs intérêts, leur souveraineté ou leur influence.
- Groupes non étatiques : Leur rôle a considérablement augmenté. On distingue :
- Groupes rebelles ou insurgés : Cherchant à renverser un gouvernement ou à obtenir l'autonomie/indépendance (ex : groupes armés au Darfour).
- Groupes terroristes : Utilisant la violence contre les civils pour atteindre des objectifs politiques ou idéologiques (ex : Daech, Al-Qaïda).
- Milices : Groupes armés non officiels, souvent liés à des communautés ou des seigneurs de guerre.
- Sociétés militaires privées (SMP) : Entreprises offrant des services de sécurité et de combat (ex : Wagner en Russie).
B. Les nouvelles formes de conflictualité
Les conflits contemporains ne se limitent plus aux affrontements militaires classiques. Ils intègrent de nouvelles dimensions.
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Conflits asymétriques : Ils opposent des acteurs de forces inégales, où l'un des belligérants (souvent un État puissant) fait face à un adversaire plus faible (groupe non étatique) qui utilise des tactiques non conventionnelles pour compenser son infériorité militaire.
- Exemples : guérilla, attentats terroristes, usage d'engins explosifs improvisés (EEI).
- L'objectif du faible est souvent d'épuiser l'adversaire plus puissant sur le long terme.
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Guerres hybrides : Ce concept décrit l'utilisation simultanée et coordonnée de méthodes conventionnelles et non conventionnelles, militaires et non militaires, par un État ou un acteur non étatique.
- Cela inclut la désinformation, la guerre économique, les cyberattaques, le soutien à des groupes armés, tout en maintenant une capacité militaire conventionnelle.
- Exemple : l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014, combinant des "petits hommes verts" (soldats sans insignes), des cyberattaques et une campagne de désinformation.
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Cyberconflits : L'espace numérique est devenu un nouveau champ de bataille. Les cyberattaques peuvent viser des infrastructures critiques (énergie, transport, hôpitaux), des systèmes de défense, ou propager de la désinformation.
- Elles peuvent précéder ou accompagner des opérations militaires conventionnelles.
- Le cyberespace permet des attaques à distance, avec une attribution parfois difficile, ce qui complique les ripostes.
C. Les facteurs explicatifs des conflits
Les causes des conflits sont rarement uniques ; elles sont souvent multifactorielles et s'entremêlent.
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Facteurs géopolitiques et géostratégiques :
- Rivalités de puissance : Lutte pour l'hégémonie régionale ou mondiale.
- Contrôle de territoires stratégiques : Détroits maritimes, frontières.
- Accès aux ressources : Lutte pour le contrôle de l'eau, du pétrole, du gaz, des minerais.
- Ingérences extérieures : Soutien à des factions, interventions militaires.
- Exemple : Les enjeux autour de la Mer de Chine méridionale, où plusieurs États se disputent la souveraineté sur des îles et récifs potentiellement riches en ressources.
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Facteurs économiques et sociaux :
- Pauvreté et inégalités : Des populations marginalisées sont plus susceptibles de se radicaliser ou de rejoindre des groupes armés.
- Sous-développement : Manque d'opportunités économiques, chômage des jeunes.
- Accès inégal aux ressources : Terres arables, eau, minerais, souvent source de tensions internes.
- Changement climatique : Exacerbe les tensions autour des ressources (sécheresses, inondations, déplacements de populations).
- Exemple : Les conflits au Sahel sont souvent liés à la pauvreté, au manque d'accès aux services de base et aux effets du changement climatique sur les ressources pastorales.
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Facteurs identitaires et religieux :
- Conflits ethniques : Oppositions entre communautés basées sur l'origine ethnique, la langue, la culture (ex : Rwanda en 1994).
- Conflits religieux : Instrumentalisation de la religion à des fins politiques, oppositions entre confessions ou courants religieux (ex : conflits entre sunnites et chiites au Moyen-Orient).
- Nationalismes exacerbés : Revendications territoriales ou d'autodétermination basées sur l'identité nationale.
- Ces facteurs sont souvent instrumentalisés par des leaders politiques pour mobiliser des populations et justifier la violence.


