Introduction aux dynamiques territoriales et aux fonctions non agricoles
Définition et évolution des fonctions non agricoles
Les fonctions non agricoles désignent l'ensemble des activités humaines qui ne sont pas directement liées à la production agricole, mais qui occupent l'espace et répondent à des besoins variés de la société. Elles se sont développées avec la modernisation et l'urbanisation.
- Fonctions résidentielles : Il s'agit de l'habitat sous toutes ses formes (maisons individuelles, immeubles collectifs, lotissements). C'est la fonction la plus visible et celle qui consomme le plus d'espace en périphérie des villes. Elle répond au besoin fondamental de logement.
- Fonctions économiques :
- Fonctions industrielles : Elles regroupent les usines, les zones d'activités, les parcs technologiques. Bien qu'en déclin dans de nombreux pays occidentaux (désindustrialisation), elles restent présentes et nécessitent des espaces vastes, souvent en périphérie urbaine.
- Fonctions tertiaires : Ce sont les activités de services (bureaux, commerces, hôpitaux, universités, administrations). Elles se concentrent souvent dans les centres-villes mais se déploient aussi dans des zones d'activités tertiaires en périphérie.
- Fonctions récréatives et touristiques : Elles regroupent les activités de loisirs, de détente et de vacances (parcs d'attractions, stations de ski, plages, sentiers de randonnée, campings, musées). Elles peuvent être très consommatrices d'espace et générer des flux importants.
- Fonctions de transport et logistiques : Elles concernent les infrastructures nécessaires aux déplacements et au commerce (routes, autoroutes, voies ferrées, aéroports, ports, plateformes logistiques, entrepôts). Ces fonctions sont cruciales pour l'économie mais peuvent fragmenter les territoires et générer des nuisances.
Facteurs d'affirmation des fonctions non agricoles
Plusieurs processus majeurs expliquent l'essor de ces fonctions :
- Urbanisation croissante : C'est le facteur principal. De plus en plus de populations vivent en ville. Cette concentration entraîne un besoin accru de logements, de services, d'infrastructures, et donc une expansion des villes sur les espaces ruraux ou naturels environnants. L'urbanisation est un phénomène mondial.
- Désindustrialisation et tertiarisation : Dans les pays développés, l'industrie a perdu de son poids au profit du secteur des services (tertiaire). Les anciennes friches industrielles sont souvent reconverties en espaces de bureaux, de commerces ou de logements, tandis que de nouvelles zones tertiaires apparaissent.
- Développement des infrastructures : La construction de réseaux de transport (autoroutes, TGV) et de communication (fibre optique) a rendu plus accessibles des territoires éloignés, favorisant l'installation de nouvelles fonctions (logistique, habitat pavillonnaire).
- Changements sociétaux et modes de vie :
- La hausse du niveau de vie et du temps libre a stimulé les fonctions récréatives et touristiques.
- Les aspirations à vivre dans une maison individuelle avec jardin ont alimenté l'étalement urbain.
- L'évolution des modèles familiaux (moins de personnes par foyer) augmente le besoin en logements.
Impacts spatiaux de l'affirmation des fonctions non agricoles
L'affirmation de ces fonctions a des conséquences majeures sur l'organisation de l'espace :
- Étalement urbain : C'est l'extension des villes sous forme de taches urbaines diffuses, souvent peu denses, grignotant les espaces agricoles et naturels en périphérie. Cet étalement est une conséquence directe de l'affirmation des fonctions résidentielles et commerciales.
- Artificialisation des sols : Il s'agit de la transformation de sols naturels, agricoles ou forestiers en sols imperméabilisés par la construction (bâtiments, routes, parkings). Cela réduit la biodiversité, la surface agricole utile et augmente les risques d'inondation. En France, l'objectif est de tendre vers le "Zéro Artificialisation Nette" (ZAN).
- Spécialisation des espaces : Les différentes fonctions tendent à s'isoler dans des zones dédiées (zones résidentielles, zones commerciales, zones d'activités). Cela crée une ségrégation fonctionnelle et augmente les besoins de déplacement.
- Pression foncière : La demande croissante d'espace pour ces fonctions non agricoles fait grimper le prix des terrains, rendant l'accès au logement plus difficile et menaçant la pérennité de l'agriculture ou des espaces naturels. La pression foncière est particulièrement forte en périphérie des grandes agglomérations.


