I. L'organisation de la matière à l'échelle atomique
A. Rappels sur l'atome et ses constituants
L'univers est composé de matière, et la plus petite particule indivisible de matière conservant ses propriétés chimiques est l'atome. Il est électriquement neutre.
Un atome est constitué de deux parties principales :
- Le noyau : Situé au centre de l'atome, il est extrêmement petit mais concentre la quasi-totalité de la masse de l'atome. Le noyau est composé de deux types de particules :
- Les protons : Particules chargées positivement ().
- Les neutrons : Particules électriquement neutres ().
- Les protons et les neutrons sont collectivement appelés nucléons.
- Le nuage électronique : Autour du noyau, des particules beaucoup plus légères appelées électrons gravitent.
- Les électrons : Particules chargées négativement ().
- Le nuage électronique est très étendu par rapport au noyau mais quasiment vide.
Pour caractériser un atome, on utilise deux nombres :
- Le numéro atomique Z (ou nombre de charge) : Il représente le nombre de protons présents dans le noyau de l'atome. C'est ce nombre qui définit l'élément chimique (par exemple, tout atome ayant 6 protons est un atome de carbone). Dans un atome neutre, le nombre d'électrons est égal au nombre de protons, donc à Z.
- Le nombre de masse A : Il représente le nombre total de nucléons (protons + neutrons) dans le noyau. Donc, , où est le nombre de neutrons.
Un atome est symbolisé par , où X est le symbole de l'élément chimique. Exemple : Le carbone 12 est représenté par . Il possède 6 protons (Z=6), 6 électrons (car neutre) et neutrons.
B. Les isotopes et la masse molaire atomique
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Définition des isotopes
Les isotopes sont des atomes d'un même élément chimique (donc ayant le même numéro atomique Z, c'est-à-dire le même nombre de protons) mais qui diffèrent par leur nombre de neutrons (et donc par leur nombre de masse A). Exemple : Le carbone possède trois isotopes naturels :
- Carbone 12 () : 6 protons, 6 neutrons.
- Carbone 13 () : 6 protons, 7 neutrons.
- Carbone 14 () : 6 protons, 8 neutrons. Le carbone 14 est radioactif.
Les propriétés chimiques des isotopes sont quasiment identiques, car elles sont principalement déterminées par le nombre d'électrons (donc Z). Leurs propriétés physiques peuvent varier (masse, stabilité nucléaire).
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Abondance isotopique
Dans la nature, les différents isotopes d'un élément ne sont pas présents en quantités égales. L'abondance isotopique représente le pourcentage de chaque isotope dans un échantillon naturel d'un élément donné. Ces abondances sont généralement exprimées en pourcentages. Exemple : Le chlore naturel est composé d'environ 75,77% de chlore 35 et 24,23% de chlore 37.
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Masse molaire atomique moyenne
La masse atomique relative d'un élément (celle que l'on trouve dans le tableau périodique) est une moyenne pondérée des masses de ses isotopes, en tenant compte de leur abondance naturelle. C'est ce que l'on appelle la masse molaire atomique moyenne. Elle est calculée par la formule : où est la masse molaire de l'isotope (approximativement égale à son nombre de masse) et est son abondance fractionnaire (entre 0 et 1).
Exemple pour le chlore : . Cette masse est exprimée en grammes par mole (g/mol) car elle représente la masse d'une mole de cet élément. Une mole contient entités (nombre d'Avogadro).
C. Le modèle de l'atome et les couches électroniques
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Modèle de Bohr (limites)
Le modèle planétaire de Rutherford montrait que les électrons tournent autour du noyau. Cependant, ce modèle était instable selon les lois de la physique classique. Le modèle de Bohr (1913) a introduit l'idée que les électrons ne peuvent occuper que des orbites spécifiques, appelées couches électroniques ou niveaux d'énergie. Chaque couche est associée à une énergie bien définie. Les électrons peuvent passer d'une couche à l'autre en absorbant ou en émettant de l'énergie sous forme de quanta (paquets d'énergie). Ce modèle, bien que révolutionnaire, a des limites : il ne fonctionne bien que pour l'atome d'hydrogène et ne permet pas d'expliquer la liaison chimique ou la géométrie des molécules. C'est une simplification utile pour la répartition électronique.
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Répartition des électrons (couches K, L, M)
Selon le modèle simplifié de Bohr, les électrons se répartissent sur des couches électroniques, désignées par des lettres :
- Couche K (n=1) : la plus proche du noyau, elle peut contenir au maximum 2 électrons.
- Couche L (n=2) : peut contenir au maximum 8 électrons.
- Couche M (n=3) : peut contenir au maximum 18 électrons (mais pour les éléments des premières périodes, elle est considérée stable avec 8 électrons).
Le remplissage des couches se fait de l'intérieur vers l'extérieur, en respectant la règle suivante : on remplit une couche avant de passer à la suivante. La configuration électronique d'un atome indique la répartition de ses électrons sur les différentes couches. Exemples :
- Hydrogène (Z=1) : (K)
- Hélium (Z=2) : (K)
- Carbone (Z=6) : (K)(L)
- Oxygène (Z=8) : (K)(L)
- Sodium (Z=11) : (K)(L)(M)
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Électrons de valence
Les électrons de valence sont les électrons situés sur la couche électronique la plus externe de l'atome. Ce sont eux qui sont impliqués dans les liaisons chimiques et qui déterminent les propriétés chimiques de l'atome. La couche de valence est la dernière couche partiellement ou totalement remplie. Exemples :
- Carbone (K)(L) : 4 électrons de valence (sur la couche L).
- Oxygène (K)(L) : 6 électrons de valence (sur la couche L).
- Sodium (K)(L)(M) : 1 électron de valence (sur la couche M). Les autres électrons, situés sur les couches internes, sont appelés électrons de cœur et ne participent pas aux liaisons chimiques.


