Introduction à l'Automatisme
Qu'est-ce que l'automatisme ?
L'automatisme est l'ensemble des techniques et des dispositifs qui permettent à une machine ou un système de fonctionner de manière autonome, sans intervention humaine directe et continue. Le but principal est de remplacer ou d'assister l'homme dans des tâches répétitives, dangereuses ou complexes.
Exemples d'automatismes quotidiens :
- Le lave-linge : il effectue un cycle complet (lavage, rinçage, essorage) de manière autonome une fois programmé.
- Le feu de signalisation : il régule le trafic en changeant de couleur selon une séquence prédéfinie ou la détection de véhicules.
- Le distributeur de boissons : il délivre un produit spécifique après une sélection et un paiement.
- Les portes automatiques des supermarchés : elles s'ouvrent et se ferment lors de la détection d'une personne.
Intérêt et enjeux de l'automatisation :
- Augmentation de la productivité : Les systèmes automatisés peuvent fonctionner 24h/24, 7j/7, avec une vitesse et une efficacité constantes.
- Amélioration de la qualité : Réduction des erreurs humaines et reproductibilité des tâches avec une grande précision.
- Sécurité accrue : Éloignement des opérateurs des environnements dangereux ou des tâches pénibles.
- Réduction des coûts : À long terme, l'automatisation peut entraîner des économies sur la main-d'œuvre et les déchets.
- Flexibilité : Possibilité de reconfiguration rapide pour s'adapter à de nouvelles productions ou tâches.
Chaîne d'information et chaîne d'énergie
Tout système automatisé peut être décomposé en deux grandes parties fonctionnelles qui interagissent constamment : la chaîne d'information et la chaîne d'énergie.
Rôle de la chaîne d'information
La chaîne d'information est le "cerveau" du système. Elle a pour mission de :
- Acquérir des données sur l'environnement (température, présence, position...).
- Traiter ces données pour prendre des décisions.
- Communiquer les ordres à la chaîne d'énergie.
Elle est composée des éléments suivants :
- Capteurs : Ils perçoivent l'environnement et transforment une grandeur physique (température, pression) en un signal électrique.
- Exemple : un capteur de présence détecte qu'une personne est devant la porte.
- Partie commande (ou contrôleur) : C'est l'intelligence du système (API, microcontrôleur). Elle reçoit les informations des capteurs, les compare à des consignes et élabore des ordres.
- Exemple : l'API reçoit l'information de présence et décide d'envoyer l'ordre d'ouverture à la porte.
- Actionneurs : Ils reçoivent les ordres de la partie commande et les transmettent à la chaîne d'énergie. On parle parfois de pré-actionneurs car ils préparent l'énergie pour les actionneurs finaux.
- Exemple : un relais reçoit l'ordre de l'API et active le moteur de la porte.
Rôle de la chaîne d'énergie
La chaîne d'énergie est la "musculature" du système. Elle a pour mission de :
- Distribuer l'énergie nécessaire (électrique, pneumatique, hydraulique).
- Convertir cette énergie en une autre forme (mécanique, thermique...).
- Agir sur le système pour en modifier l'état.
Elle est composée des éléments suivants :
- Actionneurs (finaux) : Ils reçoivent l'énergie et la convertissent pour réaliser une action physique.
- Exemple : le moteur électrique de la porte transforme l'énergie électrique en mouvement rotatif.
- Effecteurs (ou pré-actionneurs finaux) : Ce sont les éléments qui agissent directement sur la matière ou l'environnement.
- Exemple : les roues ou le mécanisme d'engrenage qui ouvrent physiquement la porte.
- Source d'énergie : Alimentation électrique, compresseur d'air, pompe hydraulique, etc.
- Distributeurs d'énergie : Ils acheminent l'énergie vers les actionneurs (câbles électriques, tuyaux pneumatiques, etc.).
Interaction entre les deux chaînes
Les deux chaînes fonctionnent en boucle :
- La chaîne d'information acquiert des données de l'environnement (état du système).
- La partie commande traite ces données et décide d'une action.
- Elle transmet un ordre à la chaîne d'énergie.
- La chaîne d'énergie agit sur le système.
- Cette action modifie l'état du système, qui est à nouveau perçu par la chaîne d'information, bouclant ainsi le cycle. Cette boucle est appelée "boucle de régulation" ou "boucle d'asservissement".
Les différents types d'automatismes
Les automatismes peuvent être classés selon la manière dont ils traitent l'information et le temps.
Automatisme séquentiel
Un automatisme séquentiel est caractérisé par une suite d'étapes qui se déroulent dans un ordre précis. Le passage d'une étape à l'autre est conditionné par la réalisation de certaines conditions (événements ou réceptivités).
- Exemple : Le cycle d'une machine à laver (remplissage eau, lavage, rinçage, essorage). Chaque étape doit être terminée avant de passer à la suivante.
- Outil de représentation : Le Grafcet est l'outil privilégié pour décrire les automatismes séquentiels.
Automatisme combinatoire
Un automatisme combinatoire est un système dont l'état des sorties dépend uniquement de l'état présent des entrées. Il n'y a pas de notion de temps ou de séquence. Pour chaque combinaison d'entrées, il y a une et une seule combinaison de sorties.
- Exemple : Un circuit d'éclairage avec deux interrupteurs va-et-vient. La lampe s'allume ou s'éteint en fonction de la position des deux interrupteurs, sans mémoire des états précédents.
- Outil de représentation : Les tables de vérité, les équations logiques ou les logigrammes.
Automatisme à événements
Ce type d'automatisme réagit à des événements (détection d'un capteur, appui sur un bouton, fin d'un temps). Le système attend qu'un événement se produise pour déclencher une action ou passer à une nouvelle étape. C'est le principe fondamental des automatismes séquentiels décrits par le Grafcet.
- Exemple : Une porte automatique qui s'ouvre seulement lorsqu'un capteur de présence détecte quelqu'un.
Automatisme à temps
Dans un automatisme à temps, certaines actions ou transitions sont déclenchées après une période de temps prédéfinie.
- Exemple : La durée d'un cycle de lavage, le temps d'attente avant la fermeture d'une porte automatique, ou le clignotement d'un feu de signalisation.
- Ces temporisations sont souvent intégrées aux automatismes séquentiels pour rythmer les étapes.


