La naissance de la Cinquième République (1958-1962)
Le contexte de la crise de 1958
La France des années 1950 est marquée par une grande instabilité gouvernementale. La Quatrième République (1946-1958) est caractérisée par des changements fréquents de gouvernements, ce qui affaiblit l'État face aux défis.
Le principal défi est la Guerre d'Algérie, qui débute en 1954. C'est un conflit majeur qui divise profondément la société française et met à mal le régime. Les gouvernements successifs peinent à trouver une solution.
Le 13 mai 1958, un coup d'État à Alger est perpétré par des militaires et des civils français d'Algérie, craignant un abandon de l'Algérie par la métropole. Ils appellent au retour du Général de Gaulle, perçu comme le seul homme capable de ramener l'ordre et de résoudre la crise.
Le retour du Général de Gaulle et la nouvelle Constitution
Face à la menace de guerre civile et à la paralysie de l'État, le Président René Coty fait appel au Général de Gaulle pour former un nouveau gouvernement. De Gaulle accepte, à condition de pouvoir rédiger une nouvelle Constitution.
Une nouvelle Constitution est élaborée rapidement par une équipe dirigée par Michel Debré, sous l'impulsion de De Gaulle. Elle est soumise à un référendum le 28 septembre 1958. Les Français l'approuvent massivement à plus de 79%, marquant la fin de la Quatrième République et la naissance de la Cinquième.
Les caractéristiques de la Cinquième République
La Cinquième République est un régime semi-présidentiel. Cela signifie qu'elle combine des éléments du régime parlementaire (un gouvernement responsable devant le Parlement) et du régime présidentiel (un Président élu au suffrage universel avec des pouvoirs importants).
Elle se caractérise par un fort renforcement du pouvoir exécutif, en particulier celui du Président de la République. Le rôle du Président est central : il est le garant de la Constitution, de l'indépendance nationale et de l'intégrité du territoire. Il nomme le Premier ministre et peut dissoudre l'Assemblée Nationale.
Le rôle du Président de la République est donc primordial. Il définit les grandes lignes de la politique nationale et a une légitimité directe du peuple.


