Les origines et les débuts de la Guerre Froide (1945-1949)
La fin de la Seconde Guerre mondiale et la montée des tensions
Après la victoire des Alliés en 1945, le monde est à reconstruire. Cependant, les relations entre les vainqueurs, notamment les États-Unis et l'URSS, se dégradent rapidement.
- Conférences de Yalta et Potsdam (1945) : Ces réunions avaient pour but d'organiser l'après-guerre. Elles révèlent déjà des divergences profondes sur l'avenir de l'Europe. Staline (URSS) veut étendre l'influence communiste, tandis que Roosevelt puis Truman (USA) défendent la démocratie et le libéralisme.
- Division de l'Allemagne : L'Allemagne, vaincue, est divisée en quatre zones d'occupation (américaine, britannique, française et soviétique). Berlin, sa capitale, est elle aussi divisée. Cette division symbolise la fracture naissante entre l'Est et l'Ouest.
- Idéologies opposées : Le cœur du conflit réside dans l'opposition radicale entre deux systèmes :
- Le capitalisme américain : Démocratie libérale, économie de marché, liberté individuelle.
- Le communisme soviétique : Parti unique, économie planifiée par l'État, propriété collective, suppression des libertés individuelles au nom de l'égalité sociale. Ces idéologies sont perçues comme incompatibles et menaçantes l'une pour l'autre.
La doctrine Truman et le plan Marshall
Face à l'expansionnisme soviétique en Europe de l'Est, les États-Unis adoptent une nouvelle stratégie.
- La doctrine Truman (1947) : Le président américain Harry Truman déclare que les États-Unis aideront "les peuples libres qui résistent aux tentatives d'asservissement". C'est la politique d'endiguement (containment) du communisme : empêcher son extension au-delà de ses frontières existantes.
- Le plan Marshall (1947) : Pour soutenir cette doctrine, les États-Unis proposent une aide financière massive (plus de 13 milliards de dollars) à l'Europe pour sa reconstruction économique. L'objectif est double :
- Relancer les économies européennes pour éviter l'instabilité qui pourrait favoriser le communisme.
- Créer des partenaires commerciaux pour les États-Unis. L'URSS refuse cette aide pour ses alliés d'Europe de l'Est, y voyant une tentative d'ingérence américaine. Le plan Marshall contribue ainsi à renforcer le bloc occidental.
Le coup de Prague et le blocus de Berlin
Ces événements marquent une intensification des tensions.
- Le coup de Prague (février 1948) : En Tchécoslovaquie, le parti communiste, soutenu par l'URSS, prend le pouvoir par la force. C'est un exemple de la manière dont l'URSS impose son modèle dans les pays d'Europe de l'Est, formant un "rideau de fer" (expression de Churchill).
- Le blocus de Berlin (juin 1948 - mai 1949) : En réaction à la réforme monétaire dans les zones occidentales de Berlin, l'URSS coupe toutes les voies d'accès terrestres à Berlin-Ouest. L'objectif est d'asphyxier la ville et de pousser les Occidentaux à partir.
- Le pont aérien : Les Alliés occidentaux organisent un ravitaillement de Berlin-Ouest par avion pendant près d'un an, démontrant leur détermination. L'URSS lève finalement le blocus, mais l'événement accentue la division de l'Allemagne (création de la RFA et la RDA en 1949).
La création des blocs militaires
Les tensions croissantes mènent à la formation d'alliances militaires.
- OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, 1949) : Créée par les États-Unis et leurs alliés d'Europe de l'Ouest, c'est une alliance militaire défensive. Un article clé stipule qu'une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous.
- Pacte de Varsovie (1955) : En réponse à l'OTAN et à l'intégration de l'Allemagne de l'Ouest dans l'OTAN, l'URSS forme sa propre alliance militaire avec les pays d'Europe de l'Est. Ces deux blocs militaires s'engagent dans une course aux armements massive, développant des armes conventionnelles et nucléaires, chacun cherchant à surpasser l'autre.


