Qu'est-ce qu'un risque et comment est-il perçu ?
Définition et typologie des risques
Un risque peut être défini comme la possibilité qu'un événement indésirable se produise et entraîne des conséquences négatives (dommages, pertes, préjudices). Il est souvent caractérisé par une probabilité d'occurrence et une gravité des conséquences.
Il est crucial de distinguer deux types de risques :
- Risque objectif : Il s'agit d'un danger mesurable, quantifiable, dont la probabilité et les conséquences peuvent être évaluées scientifiquement. Par exemple, la probabilité d'une inondation en fonction des précipitations historiques ou le taux de mortalité d'une maladie. Ce risque est basé sur des faits et des données.
- Risque subjectif : C'est la perception individuelle ou collective d'un danger. Cette perception est influencée par des facteurs psychologiques, sociaux, culturels et personnels. Par exemple, la peur de prendre l'avion, même si les statistiques montrent que c'est un mode de transport très sûr. Il est lié à nos émotions et nos croyances.
Les risques peuvent être classés en différentes catégories :
- Risques naturels : Liés aux phénomènes naturels.
- Exemples : Tremblements de terre, inondations, tempêtes, sécheresses, éruptions volcaniques.
- Risques technologiques : Liés aux activités humaines, notamment industrielles et technologiques.
- Exemples : Accidents nucléaires (Fukushima, Tchernobyl), explosions chimiques (AZF), pannes de systèmes informatiques, pollutions industrielles.
- Risques sociaux : Liés aux interactions et structures sociales.
- Exemples : Chômage, pauvreté, exclusion sociale, délinquance, épidémies, conflits sociaux.
- Risques sanitaires : Liés à la santé des populations.
- Exemples : Pandémies (COVID-19), maladies chroniques, risques alimentaires.
- Risques économiques et financiers : Liés aux fluctuations des marchés ou à des événements économiques.
- Exemples : Crises financières, inflation, faillites d'entreprises.
La perception sociale des risques
La façon dont une société perçoit un risque est rarement purement rationnelle. La construction sociale du risque signifie que la perception, l'interprétation et la signification attribuées à un risque sont le produit d'interactions sociales, de valeurs culturelles et d'intérêts divers.
Plusieurs facteurs influencent cette perception :
- La connaissance scientifique : Une meilleure compréhension scientifique peut réduire l'incertitude et aider à évaluer objectivement le risque.
- L'expérience individuelle et collective : Avoir vécu personnellement un événement risqué (ex: une inondation) ou en avoir été témoin via des proches ou des médias, augmente la perception de ce risque. Les souvenirs et les traumatismes peuvent amplifier cette perception.
- Le rôle des médias : Les médias jouent un rôle majeur en sélectionnant, filtrant et amplifiant certains risques. Une couverture médiatique intense peut transformer un risque objectif faible en un risque perçu élevé (effet de loupe).
- Les valeurs culturelles et morales : Ce qui est considéré comme acceptable ou inacceptable varie selon les cultures.
- La confiance envers les institutions : La confiance dans les experts, les autorités publiques ou les entreprises influence l'acceptation ou le rejet d'un risque. Si la confiance est faible, la perception du risque augmente.
- Le contrôle perçu : Les risques que nous pensons pouvoir contrôler (ex: conduire sa voiture) sont souvent moins effrayants que ceux que nous ne contrôlons pas (ex: prendre l'avion, subir une catastrophe naturelle), même si les statistiques peuvent dire le contraire.
- La nature du risque : Les risques "nouveaux", "inconnus", "involontaires", "catastrophiques" (impliquant de nombreuses victimes) sont généralement perçus comme plus graves que les risques "anciens", "connus", "volontaires" ou "chroniques".
L'évaluation et la gestion des risques
Une fois les risques identifiés et perçus, il s'agit de les évaluer et de décider comment les gérer.
L'évaluation des risques est un processus qui consiste à identifier les dangers, à analyser la probabilité de leur survenue et la gravité de leurs conséquences potentielles. Elle peut impliquer :
- L'analyse coût-bénéfice : Cette méthode économique compare les coûts d'une mesure de prévention ou de réduction des risques (ex: construire une digue) avec les bénéfices attendus (ex: éviter des dommages et des pertes humaines). Si les bénéfices l'emportent sur les coûts, l'action est jugée pertinente.
- Formule simplifiée :
- L'expertise scientifique : Les scientifiques, ingénieurs, épidémiologistes fournissent des données et des modèles pour évaluer les risques de manière objective. Leur rôle est essentiel pour éclairer la décision publique.
La gestion des risques est l'ensemble des actions mises en œuvre pour réduire la probabilité d'occurrence d'un risque ou en atténuer les conséquences. Elle repose souvent sur le principe de précaution.
- Principe de précaution : Énoncé dans la Charte de l'environnement française, il stipule que l'absence de certitude scientifique, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l'adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l'environnement ou à la santé humaine, à un coût économiquement acceptable. Il s'applique en cas d'incertitude scientifique avérée.
- Exemple : Interdiction de certains produits chimiques potentiellement nocifs avant que leur toxicité ne soit pleinement prouvée.
L'acceptabilité sociale du risque est un concept clé. Il s'agit du niveau de risque qu'une société ou un groupe social est prêt à tolérer en échange des bénéfices associés à l'activité qui génère ce risque. Ce niveau est variable et dépend fortement de la perception sociale du risque.
- Exemple : L'acceptabilité du risque lié à l'énergie nucléaire varie fortement d'un pays à l'autre et au sein d'une même société.


