Les barrières naturelles : Notre première ligne de défense
Les barrières physiques et mécaniques
Ces barrières constituent la "muraille" de notre corps, empêchant physiquement l'entrée des agents pathogènes.
- La peau : C'est notre plus grand organe et une barrière physique infranchissable pour la plupart des micro-organismes.
- Elle est constituée de plusieurs couches de cellules étroitement jointes (épithélium stratifié).
- La couche la plus externe, l'épiderme, est composée de cellules mortes kératinisées qui forment une armure protectrice.
- Son intégrité est cruciale : une coupure ou une brûlure compromet cette barrière et ouvre la porte aux infections.
- Les muqueuses : Elles tapissent les cavités du corps en contact avec l'extérieur (voies respiratoires, digestives, urinaires et génitales).
- Contrairement à la peau, elles sont humides et plus fines, mais elles sont également très efficaces.
- Elles produisent du mucus, une substance visqueuse qui piège les particules étrangères et les micro-organismes.
- Les muqueuses des voies respiratoires sont équipées de cils vibratiles qui, par leur mouvement, repoussent le mucus chargé de particules vers l'extérieur (le pharynx, où il est dégluti ou expulsé). C'est ce qu'on appelle "l'escalator muco-ciliaire".
- Rôles de protection : Empêcher l'adhésion et la pénétration des pathogènes.
- Renouvellement cellulaire : La peau et les muqueuses se renouvellent constamment. Les cellules superficielles sont régulièrement éliminées, emportant avec elles les micro-organismes qui auraient pu s'y fixer. Ce processus est une forme de nettoyage continu.
Les barrières chimiques
En plus des barrières physiques, notre corps utilise des substances chimiques pour détruire ou inhiber la croissance des micro-organismes.
- Sécrétions :
- Les larmes et la salive contiennent du lysozyme, une enzyme capable de dégrader la paroi de certaines bactéries. Elles "lavent" également les surfaces.
- La sueur contient des substances antimicrobiennes et participe à l'acidité de la peau.
- Le mucus (voir ci-dessus) n'est pas seulement une barrière physique, il contient aussi des molécules antimicrobiennes.
- pH acide :
- L'estomac : Son pH est extrêmement bas (environ 1,5 à 3,5) en raison de l'acide chlorhydrique. La plupart des micro-organismes ingérés sont détruits dans cet environnement hostile.
- La peau : Son pH est légèrement acide (environ 5,5), ce qui est défavorable à la croissance de nombreux pathogènes.
- Le vagin : Chez la femme, le pH vaginal est acide, principalement grâce à la flore bactérienne locale (lactobacilles) qui produit de l'acide lactique.
- Substances antimicrobiennes :
- Les défensines : Petits peptides produits par de nombreuses cellules (peau, intestin, poumons) qui peuvent perforer la membrane des bactéries et des champignons.
- Le lactoferrine : Glycoprotéine présente dans les sécrétions (lait, larmes, salive) qui séquestre le fer, essentiel à la croissance de nombreuses bactéries, les privant ainsi d'un nutriment vital.
Le microbiote : Un allié essentiel
Le microbiote (anciennement appelé flore) désigne l'ensemble des micro-organismes (bactéries, champignons, virus) qui vivent en symbiose avec notre corps, principalement dans l'intestin, sur la peau et dans les muqueuses.
- Définition du microbiote : C'est une communauté complexe et équilibrée de micro-organismes qui colonisent différentes parties de notre corps sans nous nuire, et souvent en nous étant bénéfiques.
- Rôle de compétition : Le microbiote exerce un effet de compétition avec les pathogènes.
- Il occupe l'espace disponible, empêchant les pathogènes de s'installer.
- Il consomme les nutriments, limitant les ressources pour les pathogènes.
- Un microbiote sain est crucial pour notre défense immunitaire.
- Effet barrière : En plus de la compétition, certains membres du microbiote produisent des substances antimicrobiennes (comme les bactériocines) qui inhibent la croissance de bactéries pathogènes. Ils participent aussi à l'éducation de notre système immunitaire.


