I. Le maintien de l'intégrité du patrimoine génétique
A. La réplication de l'ADN et ses mécanismes
Le maintien de l'intégrité du patrimoine génétique commence par une copie exacte de l'ADN avant chaque division cellulaire. Ce processus est appelé la réplication de l'ADN.
Structure de l'ADN : L'ADN (Acide DésoxyriboNucléique) est une molécule en forme de double hélice, composée de deux brins complémentaires. Chaque brin est une succession de nucléotides. Un nucléotide est formé d'un désoxyribose (sucre), d'un phosphate et d'une base azotée. Il existe quatre bases azotées :
- Adénine (A)
- Thymine (T)
- Guanine (G)
- Cytosine (C)
Les bases A et T sont complémentaires (elles s'apparient toujours ensemble), de même que G et C. C'est ce qu'on appelle l'appariement complémentaire des bases.
Réplication semi-conservative : La réplication de l'ADN est dite semi-conservative. Cela signifie que chaque nouvelle molécule d'ADN est constituée d'un brin ancien (parental) et d'un brin nouvellement synthétisé. Le processus se déroule en plusieurs étapes clés :
- Dénaturation : La double hélice d'ADN s'ouvre, comme une fermeture éclair, grâce à l'enzyme hélicase. Les deux brins se séparent.
- Élongation : Des enzymes appelées ADN polymérases se fixent sur chaque brin parental séparé. Elles synthétisent de nouveaux brins en ajoutant des nucléotides complémentaires aux bases du brin parental. Par exemple, si le brin parental a un A, l'ADN polymérase ajoute un T sur le nouveau brin.
- Ligation : D'autres enzymes, les ligases, assurent la jonction des fragments d'ADN nouvellement synthétisés.
Le résultat final est la formation de deux molécules d'ADN identiques à la molécule parentale.
B. Les erreurs de réplication et leur correction
Malgré la grande fidélité de l'ADN polymérase, des erreurs peuvent survenir pendant la réplication. Ces erreurs sont appelées mutations spontanées.
Mutations spontanées : Elles se produisent naturellement et sont dues à des erreurs de l'ADN polymérase qui incorpore un nucléotide incorrect (par exemple, un G au lieu d'un A en face d'un T). Ces erreurs sont rares mais inévitables.
Mécanismes de réparation de l'ADN : Heureusement, nos cellules disposent de systèmes de réparation très efficaces pour corriger ces erreurs et maintenir l'intégrité du génome.
- Correction sur épreuves (proofreading) : L'ADN polymérase elle-même possède une fonction de relecture. Si elle détecte un nucléotide mal apparié, elle le retire et le remplace par le bon. C'est la première ligne de défense contre les erreurs.
- Réparation des mésappariements (mismatch repair) : Si l'erreur échappe à la correction sur épreuves, d'autres enzymes reconnaissent le mésappariement, excisent la portion d'ADN erronée sur le brin nouvellement synthétisé et une nouvelle synthèse correcte est effectuée.
Grâce à ces mécanismes, la fidélité de la réplication est extrêmement élevée, avec seulement environ une erreur pour paires de bases répliquées.
C. Les agressions du patrimoine génétique
Outre les erreurs spontanées, l'ADN peut être endommagé par des agents externes, appelés agents mutagènes.
Agents mutagènes physiques (UV, radiations) :
- Rayons ultraviolets (UV) : Présents dans la lumière du soleil, les UV peuvent provoquer la formation de dimères de thymine (deux T voisins se lient anormalement). Cela déforme l'ADN et bloque la réplication ou la transcription.
- Rayonnements ionisants (rayons X, gamma) : Ils peuvent casser un ou les deux brins de l'ADN, entraînant des réarrangements chromosomiques graves.
Agents mutagènes chimiques : De nombreuses substances chimiques peuvent altérer l'ADN :
- Hydrocarbures aromatiques polycycliques (présents dans la fumée de cigarette) : Ils s'intercalent dans l'ADN et peuvent provoquer des additions ou des délétions de bases.
- Agents alkylants : Ils modifient chimiquement les bases de l'ADN, altérant leur appariement.
Conséquences des mutations non réparées : Si les dommages à l'ADN ne sont pas réparés, ils peuvent avoir de graves conséquences :
- Mort cellulaire : La cellule ne peut plus fonctionner correctement et meurt par apoptose.
- Cancer : L'accumulation de mutations dans des gènes clés (gènes suppresseurs de tumeurs, proto-oncogènes) peut perturber la régulation du cycle cellulaire et conduire à une prolifération incontrôlée.
- Maladies génétiques : Si la mutation affecte un gène important et est transmise, elle peut être à l'origine d'une maladie génétique.


