Les enjeux environnementaux et l'action publique
Identifier les principales défaillances du marché face à l'environnement
Le marché, avec sa logique de maximisation des profits et de concurrence, ne parvient pas toujours à gérer efficacement les ressources environnementales. On parle alors de défaillances du marché.
- Externalités négatives : C'est la situation la plus courante. Une activité économique (production ou consommation) a des conséquences négatives sur un tiers qui n'est ni acheteur ni vendeur, et ces conséquences ne sont pas prises en compte par le marché. Par exemple, une entreprise qui pollue une rivière pour produire à moindre coût impose des coûts aux pêcheurs ou aux habitants en aval, sans les indemniser. La pollution est l'exemple typique d'une externalité négative.
- Biens communs : Ce sont des biens qui sont à la fois non-excluables (il est difficile d'empêcher quelqu'un de les utiliser) et rivaux (l'utilisation par une personne réduit la quantité disponible pour les autres). Les bancs de poissons dans l'océan ou les forêts non protégées en sont de bons exemples. Sans régulation, chacun a intérêt à les exploiter au maximum avant les autres, ce qui peut mener à leur épuisement.
- Tragédie des biens communs : Ce concept décrit la surexploitation des biens communs due à l'absence de régulation. Chaque individu, agissant selon son propre intérêt, contribue à la destruction de la ressource partagée. Par exemple, si tous les pêcheurs pêchent sans limite, le stock de poissons s'épuise pour tout le monde.
- Passager clandestin : Ce comportement se produit lorsqu'un individu ou une entreprise bénéficie d'un bien ou d'un service sans en payer le coût. Dans le contexte environnemental, cela peut être une entreprise qui ne met pas en place de coûteux systèmes antipollution, mais bénéficie d'un air ou d'une eau plus propre grâce aux efforts des autres. Le passager clandestin profite des efforts des autres sans y contribuer.
Les différentes formes de biens environnementaux
Pour comprendre pourquoi le marché échoue, il est utile de classer les biens en fonction de deux critères :
- Rivalité : L'utilisation du bien par une personne empêche-t-elle son utilisation par une autre ?
- Excluabilité : Est-il possible d'empêcher quelqu'un d'utiliser le bien s'il ne paie pas ?
Voici les quatre types de biens :
| Type de bien | Rivalité | Excluabilité | Exemples environnementaux |
|---|---|---|---|
| Biens privés | Oui | Oui | Une bouteille d'eau minérale, un terrain privé |
| Biens de club | Non | Oui | Un parc naturel payant, un abonnement à un service météo |
| Biens communs | Oui | Non | L'atmosphère, les océans, les nappes phréatiques non régulées |
| Biens publics | Non | Non | La qualité de l'air global, la protection de la biodiversité |
Les biens communs et les biens publics sont particulièrement sujets aux défaillances du marché et nécessitent une intervention publique.
La nécessité de l'intervention publique
Face à ces défaillances, l'État et les collectivités publiques ont un rôle crucial à jouer.
- Correction des défaillances : L'objectif principal de l'intervention publique est de corriger les imperfections du marché. Cela passe par l'internalisation des externalités (faire en sorte que les pollueurs paient pour la pollution qu'ils génèrent), la protection des biens communs et la fourniture de biens publics.
- Régulation : L'État peut établir des règles et des normes pour encadrer les activités économiques et limiter leurs impacts environnementaux. Il s'agit de fixer des limites à la pollution, d'imposer des standards de production, ou encore de protéger des zones naturelles.
- Incitation : Au-delà de la contrainte, l'action publique peut aussi inciter les acteurs économiques et les citoyens à adopter des comportements plus respectueux de l'environnement. Cela peut prendre la forme de subventions, de taxes, ou de campagnes d'information. L'idée est de modifier les "prix relatifs" pour orienter les choix.


