Les différentes formes et mesures du chômage
Définition et mesure du chômage
Le chômage est un phénomène économique et social central. Pour le comprendre, il est essentiel de le définir et de le mesurer précisément.
La définition la plus couramment utilisée est celle du Bureau International du Travail (BIT). Selon le BIT, une personne est considérée comme chômeur si elle remplit simultanément trois conditions :
- Être sans emploi : Ne pas avoir travaillé, même une heure, au cours de la semaine de référence.
- Être disponible pour prendre un emploi : Être en mesure de commencer à travailler dans les deux semaines.
- Avoir effectué une recherche active d'emploi : Avoir entrepris des démarches spécifiques (réponse à des annonces, candidatures spontanées, contacts avec Pôle emploi, etc.) au cours du mois précédent.
Le taux de chômage est l'indicateur le plus connu pour mesurer l'ampleur du chômage. Il se calcule de la manière suivante :
La population active regroupe l'ensemble des personnes en âge de travailler (généralement 15 ans ou plus) qui ont un emploi (actifs occupés) ou qui en recherchent un (chômeurs au sens du BIT). Elle exclut les personnes qui ne travaillent pas et ne recherchent pas d'emploi (étudiants, retraités, femmes ou hommes au foyer non disponibles, personnes découragées, etc.), appelées inactifs.
Il est important de distinguer le chômage au sens du BIT des catégories administratives de Pôle emploi (catégories A, B, C, D, E). Le chômage BIT est une mesure internationale standardisée, tandis que les catégories de Pôle emploi incluent des personnes exerçant une activité réduite ou non tenues de rechercher un emploi, ce qui peut rendre les chiffres différents.
Le halo du chômage désigne un groupe de personnes qui, sans être classées comme chômeurs au sens strict du BIT, sont proches du chômage et expriment un désir d'emploi. Ce halo inclut :
- Les personnes qui souhaitent travailler mais ne sont pas disponibles immédiatement.
- Celles qui sont disponibles mais ne recherchent pas activement (par exemple, par découragement).
- Celles qui travaillent à temps partiel et souhaitent travailler plus. Le halo du chômage est un indicateur important car il révèle une sous-utilisation de la main-d'œuvre potentielle et peut signifier un chômage "caché".
Les différentes catégories de chômeurs
Le chômage ne touche pas toutes les catégories de la population de la même manière. Certaines populations sont plus vulnérables face à l'emploi.
Le chômage de longue durée concerne les personnes inscrites au chômage depuis plus d'un an. Plus la période de chômage est longue, plus il est difficile de retrouver un emploi, en raison de la déqualification, de la perte de confiance en soi et de la discrimination à l'embauche. C'est un phénomène préoccupant car il engendre des coûts sociaux et économiques importants.
Certaines catégories d'âge sont particulièrement touchées :
- Les jeunes (moins de 25 ans) : Ils rencontrent souvent des difficultés à s'insérer sur le marché du travail en raison du manque d'expérience professionnelle, d'une formation parfois inadaptée ou de la précarité des premiers emplois proposés. Le taux de chômage des jeunes est souvent le double de celui de la population générale.
- Les seniors (plus de 50 ans) : Ils peuvent être confrontés à des difficultés de réintégration professionnelle après une perte d'emploi, en partie à cause de préjugés sur leur adaptabilité, le coût perçu de leur expérience ou une inadéquation de leurs compétences avec les nouvelles exigences du marché.
Historiquement, les femmes ont également été plus touchées par le chômage ou par des emplois précaires, bien que les écarts se soient réduits dans de nombreux pays développés. Elles peuvent faire face à des discriminations, des interruptions de carrière liées à la maternité, ou une concentration dans certains secteurs d'activité plus fragiles.
Les différentes formes de chômage
Le chômage n'est pas un phénomène unique ; il recouvre plusieurs formes, chacune ayant des causes distinctes.
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Chômage frictionnel : C'est un chômage de courte durée, inévitable et "sain" dans une économie dynamique. Il correspond au temps nécessaire pour qu'un individu en recherche d'emploi trouve une nouvelle opportunité qui corresponde à ses compétences et à ses attentes, ou pour qu'une entreprise trouve le candidat idéal. Il est lié à l'imperfection de l'information sur le marché du travail et à la mobilité naturelle de la main-d'œuvre.
- Exemple : Un jeune diplômé qui cherche son premier emploi, ou une personne qui change de région pour une nouvelle opportunité.
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Chômage structurel : Il résulte d'un décalage profond et durable entre l'offre et la demande de travail, souvent dû à des transformations économiques de long terme.
- Causes :
- Inadéquation des compétences : Les qualifications des travailleurs ne correspondent plus aux besoins des entreprises (par exemple, disparition de certains métiers, apparition de nouveaux nécessitant des compétences différentes).
- Changements technologiques : L'automatisation, la numérisation peuvent rendre obsolètes certains postes.
- Délocalisations : Des entreprises transfèrent leur production vers des pays où les coûts de main-d'œuvre sont plus faibles.
- Rigidités institutionnelles : Salaire minimum trop élevé, législation du travail trop contraignante (selon certaines analyses).
- Exemple : Le déclin de l'industrie minière ou textile dans certaines régions, laissant des travailleurs sans emploi et sans les compétences requises pour les nouveaux secteurs.
- Causes :
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Chômage conjoncturel : Il est lié aux fluctuations de l'activité économique, c'est-à-dire aux cycles économiques. En période de récession ou de ralentissement économique, la demande globale de biens et services diminue, ce qui entraîne une réduction de la production, et par conséquent, les entreprises embauchent moins ou licencient.
- Exemple : La crise économique de 2008 a entraîné une forte augmentation du chômage conjoncturel dans de nombreux pays.
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Chômage technologique : C'est une forme spécifique de chômage structurel, mais il est souvent distingué en raison de son importance croissante. Il est causé par l'introduction de nouvelles technologies (robotique, intelligence artificielle) qui remplacent le travail humain, soit en automatisant des tâches, soit en améliorant la productivité au point de réduire le besoin en main-d'œuvre pour un même niveau de production.
- Exemple : L'introduction de robots dans les usines automobiles réduisant le nombre d'ouvriers nécessaires sur les chaînes de montage.


