I. Le système climatique terrestre et ses perturbations
A. Le bilan radiatif de la Terre
Le bilan radiatif de la Terre représente l'équilibre entre l'énergie reçue du Soleil et l'énergie renvoyée vers l'espace. C'est ce bilan qui détermine la température moyenne de notre planète.
- Rayonnement solaire incident: Le Soleil émet de l'énergie sous forme de rayonnement électromagnétique, principalement dans le visible et l'ultraviolet. Environ la moitié de ce rayonnement atteint la surface terrestre. L'autre moitié est soit réfléchie par l'atmosphère (nuages, aérosols), soit absorbée par les gaz atmosphériques.
- Albédo terrestre: L'albédo est la capacité d'une surface à réfléchir le rayonnement solaire. Une surface claire (neige, glace, nuages) a un albédo élevé (elle réfléchit beaucoup), tandis qu'une surface sombre (océan, forêt) a un albédo faible (elle absorbe beaucoup). L'albédo moyen de la Terre est d'environ 30%.
- Effet de serre naturel: L'énergie solaire absorbée par la Terre (sols, océans) réchauffe sa surface. En retour, la Terre émet de l'énergie sous forme de rayonnement infrarouge (chaleur). Certains gaz présents naturellement dans l'atmosphère, appelés gaz à effet de serre (GES), absorbent ce rayonnement infrarouge et le réémettent dans toutes les directions, y compris vers la surface terrestre. Ce phénomène naturel piège une partie de la chaleur, permettant à la température moyenne de la Terre d'être d'environ +15°C, au lieu de -18°C sans cet effet. C'est un processus vital pour la vie sur Terre.
- Équilibre thermique: En temps normal, il y a un équilibre entre l'énergie solaire absorbée et l'énergie infrarouge réémise vers l'espace. Lorsque cet équilibre est perturbé (par exemple, par une augmentation des GES), la Terre absorbe plus d'énergie qu'elle n'en réémet, entraînant un réchauffement.
B. Les gaz à effet de serre (GES) et leur rôle
Les GES sont les acteurs clés de l'effet de serre. Leur concentration dans l'atmosphère a fortement augmenté en raison des activités humaines.
- Principaux GES (CO2, CH4, N2O):
- Le dioxyde de carbone (CO2) est le principal GES anthropique (d'origine humaine), issu majoritairement de la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) et de la déforestation.
- Le méthane (CH4) provient de l'élevage, de la riziculture, des décharges et des fuites de gaz naturel. Il a un pouvoir de réchauffement plus élevé que le CO2 sur une courte période, mais une durée de vie plus courte.
- Le protoxyde d'azote (N2O) est principalement émis par l'agriculture (engrais azotés) et certains processus industriels.
- La vapeur d'eau (H2O) est le GES naturel le plus abondant, mais sa concentration atmosphérique est un mécanisme de rétroaction (elle augmente avec la température) plutôt qu'une cause directe du réchauffement initial.
- Origines naturelles et anthropiques: Les GES existent naturellement dans l'atmosphère. Cependant, depuis la révolution industrielle (milieu du XVIIIe siècle), les activités humaines (combustion d'énergies fossiles, agriculture intensive, déforestation) ont considérablement augmenté leur concentration, perturbant l'équilibre naturel.
- Potentiel de Réchauffement Global (PRG): Le PRG est une mesure qui compare l'impact radiatif d'un gaz donné à celui du CO2 sur une période spécifique (généralement 100 ans). Par exemple, le CH4 a un PRG d'environ 28-34, ce qui signifie qu'une tonne de CH4 piège 28 à 34 fois plus de chaleur qu'une tonne de CO2 sur 100 ans.
- Concentrations atmosphériques historiques et actuelles: Les carottes de glace permettent de reconstituer les concentrations passées de GES. Historiquement, la concentration de CO2 n'a jamais dépassé 300 ppm (parties par million) au cours des 800 000 dernières années. Actuellement, elle dépasse 420 ppm, un niveau inédit et en augmentation rapide.
C. Les indicateurs du réchauffement climatique
Le réchauffement climatique n'est pas une projection future, mais une réalité mesurable à travers plusieurs indicateurs scientifiques.
- Augmentation de la température moyenne globale: C'est l'indicateur le plus direct. Les données montrent une augmentation d'environ +1,2°C par rapport à l'ère préindustrielle. Cette hausse n'est pas uniforme : les régions polaires se réchauffent plus vite que la moyenne.
- Fonte des glaces et des neiges:
- Glaciers: Leur recul est observé partout dans le monde.
- Calottes glaciaires: Celles du Groenland et de l'Antarctique perdent des milliards de tonnes de glace chaque année.
- Banquise arctique: Sa surface et son épaisseur diminuent drastiquement, notamment en été.
- Permafrost: Le sol gelé en permanence dégèle, libérant du CH4 et du CO2, ce qui amplifie le réchauffement.
- Élévation du niveau marin: Elle est due à deux phénomènes principaux :
- La dilatation thermique de l'eau des océans qui se réchauffe.
- La fonte des glaciers et des calottes glaciaires qui ajoute de l'eau aux océans. Le niveau marin a augmenté d'environ 20 cm au XXe siècle et continue d'accélérer.
- Acidification des océans: Les océans absorbent une partie du CO2 atmosphérique. Ce CO2 réagit avec l'eau pour former de l'acide carbonique, ce qui diminue le pH de l'eau de mer (elle devient plus acide). L'acidification menace les organismes marins à coquille ou squelette calcaire (coraux, mollusques), car elle rend plus difficile la formation et le maintien de leurs structures.


