Les origines et le déclenchement du conflit
Les tensions internationales et la course aux armements
Au début du XXe siècle, l'Europe est une poudrière. Plusieurs facteurs contribuent à créer un climat de tension extrême :
- Le système d'alliances : L'Europe est divisée en deux blocs militaires rivaux.
- La Triple Entente (ou les Alliés) : France, Royaume-Uni, Russie.
- La Triple Alliance (ou les Empires centraux) : Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie (qui changera de camp en 1915). Ces alliances, censées garantir la paix par l'équilibre des forces, ont en réalité transformé chaque conflit local en une menace pour la paix continentale.
- Les rivalités impérialistes et coloniales : Les grandes puissances européennes se disputent les colonies et les zones d'influence en Afrique et en Asie. L'Allemagne, arrivée tardivement dans la course coloniale, cherche à rattraper son retard, ce qui génère des frictions avec la France et le Royaume-Uni (ex: crises marocaines).
- Les nationalismes exacerbés : Le sentiment national est très fort et souvent agressif. Chaque nation se considère supérieure aux autres et est prête à défendre ses intérêts par la force.
- En France, le nationalisme s'exprime par le désir de revanche sur l'Allemagne après la défaite de 1870 et la perte de l'Alsace-Lorraine.
- Dans les Balkans, de multiples nationalismes (serbe, croate, bulgare, etc.) s'affrontent, déstabilisant l'Empire ottoman et l'Autriche-Hongrie. Le panslavisme russe (soutien de la Russie aux Slaves des Balkans) entre en collision avec l'impérialisme austro-hongrois.
- La course aux armements : Pour soutenir leurs ambitions et par peur de leurs voisins, les puissances européennes augmentent massivement leurs dépenses militaires. C'est une véritable course à l'armement, notamment naval entre le Royaume-Uni et l'Allemagne, et terrestre entre la France et l'Allemagne. Les arsenaux se remplissent de nouvelles armes de plus en plus sophistiquées.
L'attentat de Sarajevo et l'engrenage des alliances
L'étincelle qui met le feu aux poudres survient dans les Balkans :
- Le 28 juin 1914, l'Archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d'Autriche-Hongrie, est assassiné à Sarajevo (Bosnie) par Gavrilo Princip, un nationaliste serbe.
- L'Autriche-Hongrie, soutenue par l'Allemagne, y voit l'occasion d'écraser la Serbie, qu'elle juge responsable de l'attentat et de l'agitation slave dans la région.
- Le 23 juillet, l'Autriche-Hongrie adresse un ultimatum inacceptable à la Serbie. Malgré la réponse serbe conciliante, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie le 28 juillet.
- C'est l'engrenage des alliances :
- La Russie, protectrice de la Serbie et soucieuse de son prestige dans les Balkans, décrète la mobilisation générale.
- L'Allemagne demande à la Russie de cesser sa mobilisation et à la France de rester neutre. Devant leur refus, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie (1er août) puis à la France (3 août).
- Pour contourner les défenses françaises, l'Allemagne envahit la Belgique, pays neutre, le 4 août. Cela provoque l'entrée en guerre du Royaume-Uni, garant de la neutralité belge. En quelques jours, l'Europe bascule dans un conflit généralisé.
Les illusions d'une guerre courte
Au début du conflit, une grande partie de la population et des dirigeants pensent que la guerre sera courte.
- C'est l'esprit de la "fleur au fusil" : les jeunes hommes partent à la guerre avec enthousiasme, convaincus de rentrer victorieux pour Noël. Le sentiment patriotique est très fort.
- Les stratèges militaires, comme le général allemand Schlieffen, ont élaboré des plans de guerre de mouvement rapide et décisive. Le Plan Schlieffen prévoyait une attaque massive et rapide à travers la Belgique pour encercler l'armée française et prendre Paris en six semaines, avant de se retourner contre la Russie, plus lente à mobiliser.
- Cependant, dès la fin de 1914, la réalité est tout autre. Après la bataille de la Marne (septembre 1914) qui stoppe l'avancée allemande, les armées s'enterrent dans des tranchées sur un front qui s'étend sur des centaines de kilomètres, de la mer du Nord à la Suisse. La guerre de mouvement fait place à une guerre de position, un enlisement rapide et imprévu qui va durer plus de quatre ans.


