Introduction à la lumière : onde ou particule ?
Historique des conceptions de la lumière
L'histoire de la physique de la lumière est jalonnée de débats passionnés et de découvertes révolutionnaires.
- Modèle corpusculaire (Newton, XVIIe siècle) : Isaac Newton, l'un des plus grands scientifiques de tous les temps, soutenait que la lumière était composée de minuscules particules, ou corpuscules, se déplaçant en ligne droite. Ce modèle expliquait bien des phénomènes comme la réflexion et la réfraction de la lumière. Cependant, il peinait à expliquer d'autres observations.
- Modèle ondulatoire (Huygens, Young, Fresnel, XVIIe-XIXe siècles) : Christian Huygens, contemporain de Newton, proposa que la lumière soit une onde se propageant dans un milieu hypothétique appelé éther. Ce modèle fut renforcé par les expériences de Thomas Young (interférences lumineuses, début XIXe siècle) et d'Augustin Fresnel (diffraction et polarisation, début XIXe siècle). Ces expériences mettaient clairement en évidence le caractère ondulatoire de la lumière.
- Synthèse de Maxwell (ondes électromagnétiques, XIXe siècle) : James Clerk Maxwell réalisa une synthèse brillante en montrant que la lumière n'est rien d'autre qu'une onde électromagnétique. Il prédit l'existence de ces ondes se propageant à la vitesse de la lumière dans le vide et composées de champs électriques et magnétiques oscillants et perpendiculaires. Cette théorie a été confirmée expérimentalement par Heinrich Hertz. C'est à ce moment que le modèle ondulatoire de la lumière est devenu dominant.
Phénomènes ondulatoires de la lumière
Le modèle ondulatoire a permis d'expliquer une multitude de phénomènes observés avec la lumière.
- Interférences lumineuses : Deux ondes lumineuses cohérentes (ayant la même fréquence et une phase constante) peuvent se superposer pour former des franges d'interférence lumineuses et sombres. Cela se produit lorsque les crêtes des ondes s'additionnent (interférence constructive) ou qu'une crête annule un creux (interférence destructive). L'expérience des fentes de Young est l'exemple le plus célèbre de ce phénomène.
- Diffraction de la lumière : La lumière a la capacité de se propager en dehors de sa direction de propagation rectiligne lorsqu'elle rencontre un obstacle ou une ouverture dont la taille est comparable à sa longueur d'onde. C'est pourquoi on peut observer de la lumière derrière un coin ou des motifs lumineux complexes autour d'une petite ouverture.
- Polarisation de la lumière : La lumière est une onde transversale, ce qui signifie que les oscillations des champs électrique et magnétique sont perpendiculaires à la direction de propagation. La polarisation décrit l'orientation de ces oscillations. La lumière naturelle est non polarisée (les oscillations sont dans toutes les directions possibles), mais elle peut être polarisée (les oscillations sont confinées à un seul plan) par réflexion, diffusion ou passage à travers certains filtres.
Limites du modèle ondulatoire
Malgré son succès, le modèle ondulatoire de la lumière a rencontré des difficultés insurmontables face à certaines observations expérimentales à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Ces échecs ont ouvert la voie à une nouvelle conception de la lumière.
- Effet photoélectrique : Lorsqu'une surface métallique est éclairée, elle peut émettre des électrons. Le modèle ondulatoire prévoyait que l'énergie des électrons émis devrait dépendre de l'intensité de la lumière, et que l'émission devrait se produire quelle que soit la fréquence, pourvu que l'intensité soit suffisante. Or, les expériences ont montré que l'émission d'électrons ne dépend pas de l'intensité mais de la fréquence de la lumière, et qu'il existe une fréquence minimale (seuil) en dessous de laquelle aucun électron n'est émis, même avec une lumière très intense.
- Rayonnement du corps noir : Un corps noir est un objet idéal qui absorbe tout le rayonnement électromagnétique qu'il reçoit et en émet également. La prédiction classique du rayonnement émis par un corps noir (loi de Rayleigh-Jeans) s'écartait fortement des observations expérimentales aux courtes longueurs d'onde (le "catastrophe ultraviolette").
- Spectres d'émission et d'absorption : Lorsqu'un gaz est chauffé ou traversé par un courant électrique, il émet de la lumière à des longueurs d'onde très spécifiques, formant un spectre de raies. De même, un gaz froid absorbe la lumière à ces mêmes longueurs d'onde. Le modèle ondulatoire seul ne pouvait pas expliquer pourquoi les atomes émettaient ou absorbaient de la lumière de manière si discrète et spécifique.
Ces phénomènes ont révélé les limites du modèle ondulatoire pur et ont nécessité l'introduction d'une nouvelle approche pour comprendre la lumière.


