L'établissement de la République Populaire de Chine et son positionnement initial (1949-1976)
La fondation de la RPC et la rupture avec le Kuomintang
Après des décennies de conflits, de guerres civiles et d'occupation étrangère, la Chine connaît un tournant majeur en 1949. La guerre civile chinoise, qui oppose les nationalistes du Kuomintang (dirigés par Tchang Kaï-chek) et les communistes (dirigés par Mao Zedong), s'achève par la victoire de ces derniers.
Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame la fondation de la République Populaire de Chine (RPC) depuis la place Tian'anmen à Pékin. Cet événement marque la fin de plus d'un siècle d'humiliation et de domination étrangère pour la Chine, et le début d'une nouvelle ère sous le régime communiste.
Les nationalistes du Kuomintang sont contraints à la fuite à Taïwan, où ils établissent un gouvernement concurrent, la République de Chine, qui revendique la légitimité sur l'ensemble de la Chine. Cette division crée une situation de tension qui perdure encore aujourd'hui.
La fondation de la RPC est un événement majeur qui reconfigure la carte géopolitique mondiale et marque l'entrée de la Chine dans le bloc communiste.
L'alliance sino-soviétique et le modèle communiste
Au lendemain de sa fondation, la RPC s'aligne naturellement sur l'Union Soviétique, chef de file du bloc communiste. En 1950, un traité d'amitié, d'alliance et d'assistance mutuelle est signé entre les deux pays. Cette alliance sino-soviétique est perçue comme un contrepoids majeur à l'influence américaine en Asie.
La Guerre de Corée (1950-1953) est un premier test de cette alliance. La Chine apporte un soutien militaire crucial à la Corée du Nord, intervenant massivement contre les forces de l'ONU menées par les États-Unis. Cette guerre renforce le sentiment nationaliste chinois et consolide le régime communiste.
La Chine adopte le modèle soviétique de développement économique et social, caractérisé par la planification centralisée, la collectivisation des terres et la priorité donnée à l'industrie lourde. Des milliers d'ingénieurs et de techniciens soviétiques sont envoyés en Chine pour aider à la construction du pays.
Cependant, des divergences idéologiques et stratégiques apparaissent rapidement entre Pékin et Moscou. Mao Zedong critique la "déstalinisation" engagée par Khrouchtchev après 1956 et la politique de "coexistence pacifique" avec l'Occident. Ces désaccords mènent à la rupture sino-soviétique à partir de 1960. La Chine revendique alors un rôle de leader du mouvement révolutionnaire mondial, adoptant une position de non-alignement vis-à-vis des deux superpuissances (États-Unis et URSS).
Les grandes politiques maoïstes et leurs conséquences
Pour transformer la Chine et asseoir son pouvoir, Mao lance plusieurs campagnes radicales aux conséquences dramatiques :
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Le Grand Bond en avant (1958-1962) : Cette politique vise à accélérer le développement économique de la Chine en combinant l'industrialisation rapide (notamment la production d'acier dans de petits hauts fourneaux ruraux) et la collectivisation agricole poussée à l'extrême (les "communes populaires"). Les objectifs irréalistes, la désorganisation et les mauvaises récoltes provoquent une famine dévastatrice, causant la mort de dizaines de millions de personnes. C'est l'une des plus grandes catastrophes humanitaires du XXe siècle.
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La Révolution culturelle (1966-1976) : Lancée par Mao pour purger le Parti communiste de ses opposants et consolider son pouvoir, cette campagne mobilise la jeunesse (les "Gardes rouges") pour détruire les "Quatre Vieilleries" (vieilles idées, vieille culture, vieilles coutumes, vieilles habitudes). Elle entraîne une persécution massive des intellectuels, des cadres du parti et de toute personne perçue comme "bourgeoise" ou "révisionniste". Le pays est plongé dans le chaos, les écoles et les universités sont fermées, le patrimoine culturel est détruit. La Révolution culturelle a des conséquences dévastatrices sur la société chinoise, l'éducation et l'économie.
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Le Culte de la personnalité : Tout au long de cette période, Mao Zedong est l'objet d'un culte de la personnalité sans précédent. Son image est omniprésente, ses écrits (notamment le "Petit Livre rouge") sont étudiés par tous. Il est vénéré comme le "Grand Timonier".
Ces politiques internes entraînent un isolement international de la Chine pendant une grande partie de cette période. La RPC n'est reconnue par l'ONU qu'en 1971, remplaçant alors Taïwan au Conseil de sécurité.


