Les origines et les premières phases du conflit (1939-1942)
Les causes de la guerre et l'expansion de l'Axe
La Seconde Guerre Mondiale (1939-1945) n'est pas née d'un seul événement, mais d'une combinaison complexe de facteurs. L'un des plus importants fut la montée des totalitarismes dans les années 1920 et 1930. En Allemagne, le nazisme d'Adolf Hitler prônait une idéologie raciale expansionniste, visant à créer un "Grand Reich" et à dominer l'Europe. En Italie, le fascisme de Benito Mussolini ambitionnait de restaurer la grandeur de l'Empire romain. Au Japon, un régime militariste et impérialiste cherchait à étendre son influence en Asie. Ces régimes partageaient un rejet de la démocratie, un culte du chef, une militarisation de la société et une volonté d'expansion territoriale.
Face à ces menaces, les démocraties occidentales (France, Royaume-Uni) ont initialement adopté une politique d'apaisement. Elles espéraient ainsi éviter un nouveau conflit mondial, traumatisées par la Première Guerre Mondiale. Cette politique s'est manifestée par des concessions, comme lors des accords de Munich en 1938, où la Tchécoslovaquie fut sacrifiée pour "sauver la paix". Cependant, cette stratégie n'a fait qu'encourager l'agressivité des régimes totalitaires.
L'Allemagne nazie a multiplié les coups de force : remilitarisation de la Rhénanie (1936), annexion de l'Autriche (Anschluss, 1938), puis démantèlement de la Tchécoslovaquie (1939). Pour sécuriser ses arrières avant d'attaquer la Pologne, Hitler signe avec Staline le pacte germano-soviétique (ou pacte Molotov-Ribbentrop) le 23 août 1939. Ce pacte de non-agression, secret, incluait un protocole de partage de la Pologne et de l'Europe de l'Est. Le 1er septembre 1939, l'Allemagne envahit la Pologne. C'est le début de la Seconde Guerre Mondiale. La guerre éclair, ou Blitzkrieg, est la nouvelle tactique allemande, combinant rapidité, surprise et coordination des forces blindées et aériennes pour percer les lignes ennemies et les encercler.
La défaite de la France et la bataille d'Angleterre
Après l'invasion de la Pologne, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne. Cependant, les premiers mois du conflit, de septembre 1939 à mai 1940, sont marqués par une situation étrange appelée la Drôle de guerre. Sur le front occidental, peu de combats ont lieu, les armées restant en position derrière la Ligne Maginot côté français.
Cette accalmie prend fin brutalement le 10 mai 1940, lorsque l'Allemagne lance une offensive massive à travers les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg, contournant la Ligne Maginot. La Blitzkrieg est d'une efficacité redoutable. Les armées alliées sont rapidement débordées. La défaite française est fulgurante. Le 14 juin 1940, Paris tombe. Le maréchal Pétain, nommé président du Conseil, demande l'armistice. L'armistice de 1940 est signé le 22 juin 1940 à Rethondes, dans le même wagon où avait été signé l'armistice de 1918. Il prévoit l'occupation d'une partie de la France par l'Allemagne (zone occupée) et l'établissement d'un gouvernement français siégeant à Vichy (zone libre).
Le Régime de Vichy, dirigé par le maréchal Pétain, est un régime autoritaire et collaborationniste. Il adopte une politique de "Révolution nationale" qui rompt avec les valeurs républicaines. Cependant, dès le 18 juin 1940, le général de Gaulle lance depuis Londres son célèbre appel, marquant le début de la Résistance française. Initialement, cette résistance est marginale, mais elle prendra de l'ampleur au fil du conflit.
Après la chute de la France, le Royaume-Uni reste seul face à l'Allemagne. Hitler tente d'envahir la Grande-Bretagne, mais doit d'abord obtenir la supériorité aérienne. C'est la bataille d'Angleterre (été-automne 1940), une série d'affrontements aériens intenses entre la Luftwaffe allemande et la Royal Air Force (RAF) britannique. Grâce à son radar et à la bravoure de ses pilotes, la RAF parvient à repousser les attaques allemandes, infligeant à Hitler sa première défaite majeure et l'obligeant à renoncer à son projet d'invasion.
L'extension du conflit : l'invasion de l'URSS et Pearl Harbor
Ayant échoué à vaincre le Royaume-Uni, Hitler se tourne vers l'Est. Malgré le pacte germano-soviétique, il lance l'Opération Barbarossa le 22 juin 1941, une invasion massive de l'Union Soviétique. C'est un tournant majeur du conflit, marquant le début de la Guerre à l'Est, un front où les combats seront d'une intensité et d'une violence inouïes. Les objectifs d'Hitler sont multiples : anéantir le communisme, s'emparer des ressources naturelles soviétiques (pétrole, céréales) et créer un "espace vital" pour le peuple allemand. L'avancée allemande est initialement fulgurante, mais elle est ralentie par la résistance soviétique, l'immensité du territoire et l'arrivée de l'hiver russe.
Pendant ce temps, dans le Pacifique, le Japon, allié de l'Allemagne et de l'Italie (les Puissances de l'Axe), poursuit sa politique expansionniste en Asie. Les États-Unis, bien que neutres, soutiennent la Chine et imposent un embargo pétrolier au Japon. En réponse, le Japon planifie une attaque surprise contre la flotte américaine du Pacifique. Le 7 décembre 1941, l'attaque de Pearl Harbor, base navale américaine à Hawaï, est lancée. Cette attaque dévastatrice a pour objectif de paralyser la flotte américaine et de permettre au Japon de consolider ses conquêtes. Cependant, elle a l'effet inverse : elle provoque l'entrée en guerre des États-Unis le lendemain. Le conflit devient véritablement mondial.
La mondialisation du conflit et les forces en présence
Avec l'entrée en guerre des États-Unis et l'invasion de l'URSS, le conflit prend une dimension planétaire. Les Puissances de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon) se retrouvent face aux Alliés (Royaume-Uni, États-Unis, URSS, Chine, France libre, etc.).
Les théâtres d'opérations se multiplient :
- Front occidental (Europe de l'Ouest)
- Front oriental (URSS)
- Théâtre méditerranéen et nord-africain
- Théâtre du Pacifique
- Bataille de l'Atlantique (guerre sous-marine)
La Seconde Guerre Mondiale est une guerre totale :
- Mobilisation économique et industrielle : tous les pays belligérants orientent leur économie vers l'effort de guerre. Les usines produisent des armes, des munitions, des véhicules.
- Mobilisation scientifique et technologique : développement de nouvelles armes (radars, roquettes, plus tard la bombe atomique), innovations médicales.
- Mobilisation humaine : millions de soldats sont engagés, mais aussi les civils sont massivement impliqués (travail dans les usines, réquisition, rationnement, bombardements). Les civils deviennent des cibles à part entière.
- Mobilisation idéologique : la propagande est omniprésente, diabolisant l'ennemi et exaltant les valeurs nationales.
En 1942, les forces de l'Axe sont à l'apogée de leur puissance, contrôlant une grande partie de l'Europe, de l'Afrique du Nord et de l'Asie-Pacifique. Cependant, les ressources des Alliés, en particulier des États-Unis et de l'URSS, sont considérables et leur capacité à produire du matériel de guerre est immense.


