Éducation nationale françaiseOption Mathématiques expertesTerminale générale35 min de lecture

Arithmétique

En arithmétique, nous travaillons principalement avec l'ensemble des entiers relatifs, noté . Définition d'un diviseur et d'un multiple Soient et deux entiers relatifs.

Lecture6 chapitresUn parcours éditorialisé et navigable.
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Chapitre 1

Divisibilité et Division Euclidienne

Rappels sur la divisibilité dans Z

En arithmétique, nous travaillons principalement avec l'ensemble des entiers relatifs, noté Z={...,−2,−1,0,1,2,...}\mathbb{Z} = \{..., -2, -1, 0, 1, 2, ...\}.

Définition d'un diviseur et d'un multiple

Soient aa et bb deux entiers relatifs. On dit que bb divise aa s'il existe un entier kk tel que a=b×ka = b \times k. Dans ce cas, bb est un diviseur de aa, et aa est un multiple de bb. On note parfois b∣ab | a.

Exemple : 3 divise 12 car 12=3×412 = 3 \times 4. Donc 3 est un diviseur de 12, et 12 est un multiple de 3. Attention : 0 est un multiple de tout entier (0=b×00 = b \times 0), mais 0 ne divise que 0. Tout entier non nul divise 0.

Propriétés de la divisibilité

Voici quelques propriétés importantes :

  • Si a∣ba | b et b∣cb | c, alors a∣ca | c (transitivité).
  • Si a∣ba | b et a∣ca | c, alors a∣(b+c)a | (b+c) et a∣(b−c)a | (b-c). Plus généralement, a∣(nb+mc)a | (nb+mc) pour tous entiers n,mn, m.
  • Si a∣ba | b, alors ∣a∣≤∣b∣|a| \le |b| (si b≠0b \ne 0).
  • Tout entier aa non nul est divisible par 1, -1, aa et −a-a. Ces diviseurs sont appelés diviseurs triviaux.
  • Si a∣ba | b et b∣ab | a, alors a=ba = b ou a=−ba = -b.

Nombres premiers

Un nombre premier est un entier naturel supérieur à 1 qui n'admet que deux diviseurs positifs distincts : 1 et lui-même. Exemples : 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23... Le nombre 1 n'est pas premier car il n'a qu'un seul diviseur positif (lui-même). Le nombre 2 est le seul nombre premier pair.

La division euclidienne

Théorème de la division euclidienne

Pour tous entiers relatifs aa (le dividende) et bb (le diviseur) avec b≠0b \ne 0, il existe un unique couple d'entiers relatifs (q,r)(q, r) tel que : a=bq+ravec0≤r<∣b∣a = bq + r \quad \text{avec} \quad 0 \le r < |b| où qq est le quotient et rr est le reste de la division euclidienne de aa par bb.

Exemple : Division de 25 par 4. 25=4×6+125 = 4 \times 6 + 1. Ici, a=25a=25, b=4b=4, q=6q=6, r=1r=1. On a bien 0≤1<40 \le 1 < 4. Exemple : Division de -25 par 4. −25=4×(−7)+3-25 = 4 \times (-7) + 3. Ici, a=−25a=-25, b=4b=4, q=−7q=-7, r=3r=3. On a bien 0≤3<40 \le 3 < 4. Attention : Le reste doit toujours être positif ou nul.

Applications de la division euclidienne

La division euclidienne est fondamentale en arithmétique. Elle permet notamment de :

  • Déterminer si un nombre est pair ou impair : Un entier nn est pair si n=2q+0n = 2q + 0 (le reste est 0), et impair si n=2q+1n = 2q + 1 (le reste est 1).
  • Catégoriser les entiers selon leur reste dans une division : Par exemple, les entiers peuvent être de la forme 3k3k, 3k+13k+1 ou 3k+23k+2.
  • Démontrer des propriétés sur les nombres. Par exemple, montrer que le carré d'un entier impair est de la forme 8k+18k+1. Si nn est impair, n=2q+1n = 2q+1. n2=(2q+1)2=4q2+4q+1=4q(q+1)+1n^2 = (2q+1)^2 = 4q^2 + 4q + 1 = 4q(q+1) + 1. Comme q(q+1)q(q+1) est toujours pair (produit de deux entiers consécutifs), on peut écrire q(q+1)=2k′q(q+1) = 2k' pour un certain entier k′k'. Donc n2=4(2k′)+1=8k′+1n^2 = 4(2k') + 1 = 8k' + 1.

Congruences modulo n

Définition et propriétés des congruences

Soit nn un entier naturel non nul. On dit que aa est congru à bb modulo nn, noté a≡b(modn)a \equiv b \pmod{n}, si aa et bb ont le même reste dans la division euclidienne par nn. De manière équivalente, a≡b(modn)a \equiv b \pmod{n} si et seulement si nn divise (a−b)(a-b). C'est-à-dire, a−b=kna-b = kn pour un certain entier kk.

Exemple : 17≡3(mod7)17 \equiv 3 \pmod{7} car 17=7×2+317 = 7 \times 2 + 3 et 3=7×0+33 = 7 \times 0 + 3. Ou encore 17−3=1417-3 = 14, et 14 est un multiple de 7. Exemple : −5≡2(mod7)-5 \equiv 2 \pmod{7} car −5=7×(−1)+2-5 = 7 \times (-1) + 2.

Les congruences ont des propriétés similaires à celles de l'égalité :

  • Réflexivité : a≡a(modn)a \equiv a \pmod{n}.
  • Symétrie : Si a≡b(modn)a \equiv b \pmod{n}, alors b≡a(modn)b \equiv a \pmod{n}.
  • Transitivité : Si a≡b(modn)a \equiv b \pmod{n} et b≡c(modn)b \equiv c \pmod{n}, alors a≡c(modn)a \equiv c \pmod{n}.

Calculs avec les congruences

Les congruences sont très utiles pour simplifier les calculs, surtout avec de grands nombres. Si a≡b(modn)a \equiv b \pmod{n} et c≡d(modn)c \equiv d \pmod{n}, alors :

  • a+c≡b+d(modn)a+c \equiv b+d \pmod{n} (compatibilité avec l'addition).
  • a−c≡b−d(modn)a-c \equiv b-d \pmod{n} (compatibilité avec la soustraction).
  • ac≡bd(modn)ac \equiv bd \pmod{n} (compatibilité avec la multiplication).
  • ak≡bk(modn)a^k \equiv b^k \pmod{n} pour tout entier naturel k≥0k \ge 0 (compatibilité avec les puissances).

Attention : La division n'est pas toujours compatible avec les congruences. Par exemple, 10≡4(mod6)10 \equiv 4 \pmod{6} mais en divisant par 2, 5≢2(mod6)5 \not\equiv 2 \pmod{6}.

Exemple de calcul : Quel est le reste de 31003^{100} dans la division par 7 ? 31≡3(mod7)3^1 \equiv 3 \pmod{7} 32≡9≡2(mod7)3^2 \equiv 9 \equiv 2 \pmod{7} 33≡32×3≡2×3≡6≡−1(mod7)3^3 \equiv 3^2 \times 3 \equiv 2 \times 3 \equiv 6 \equiv -1 \pmod{7} 36≡(33)2≡(−1)2≡1(mod7)3^6 \equiv (3^3)^2 \equiv (-1)^2 \equiv 1 \pmod{7} On utilise le fait que 100=6×16+4100 = 6 \times 16 + 4. 3100=36×16+4=(36)16×34(mod7)3^{100} = 3^{6 \times 16 + 4} = (3^6)^{16} \times 3^4 \pmod{7} 3100≡116×34(mod7)3^{100} \equiv 1^{16} \times 3^4 \pmod{7} 3100≡1×(32)2≡1×22≡4(mod7)3^{100} \equiv 1 \times (3^2)^2 \equiv 1 \times 2^2 \equiv 4 \pmod{7}. Le reste est 4.

Critères de divisibilité

Les congruences permettent de justifier les critères de divisibilité que vous connaissez :

  • Divisibilité par 3 (ou 9) : Un nombre est divisible par 3 (ou 9) si la somme de ses chiffres est divisible par 3 (ou 9). Explication : Tout nombre N=dk...d1d0N = d_k...d_1d_0 peut s'écrire N=∑i=0kdi10iN = \sum_{i=0}^k d_i 10^i. Or 10≡1(mod3)10 \equiv 1 \pmod{3} (et (mod9)\pmod{9}). Donc 10i≡1i≡1(mod3)10^i \equiv 1^i \equiv 1 \pmod{3} (et (mod9)\pmod{9}). Ainsi, N≡∑i=0kdi×1≡∑i=0kdi(mod3)N \equiv \sum_{i=0}^k d_i \times 1 \equiv \sum_{i=0}^k d_i \pmod{3} (et (mod9)\pmod{9}). Donc NN est divisible par 3 (ou 9) si et seulement si la somme de ses chiffres est divisible par 3 (ou 9).
  • Divisibilité par 11 : Un nombre est divisible par 11 si la somme alternée de ses chiffres est divisible par 11. Explication : 10≡−1(mod11)10 \equiv -1 \pmod{11}. Donc 10i≡(−1)i(mod11)10^i \equiv (-1)^i \pmod{11}. N=dk...d1d0=dk10k+...+d1101+d0100N = d_k...d_1d_0 = d_k 10^k + ... + d_1 10^1 + d_0 10^0. N≡dk(−1)k+...−d1+d0(mod11)N \equiv d_k (-1)^k + ... - d_1 + d_0 \pmod{11}.
Chapitre 2

PGCD et Algorithme d'Euclide

Plus Grand Commun Diviseur (PGCD)

Définition du PGCD

Soient aa et bb deux entiers relatifs non tous les deux nuls. Le Plus Grand Commun Diviseur de aa et bb, noté PGCD(a,b)\text{PGCD}(a, b), est le plus grand des diviseurs communs positifs de aa et bb. Par convention, PGCD(a,0)=∣a∣\text{PGCD}(a, 0) = |a| pour tout a≠0a \ne 0. PGCD(0,0)\text{PGCD}(0,0) n'est pas défini.

Exemple : Diviseurs de 12 : {1,2,3,4,6,12}\{1, 2, 3, 4, 6, 12\} Diviseurs de 18 : {1,2,3,6,9,18}\{1, 2, 3, 6, 9, 18\} Les diviseurs communs sont {1,2,3,6}\{1, 2, 3, 6\}. Le plus grand est 6. Donc PGCD(12,18)=6\text{PGCD}(12, 18) = 6.

Propriétés du PGCD

  • PGCD(a,b)=PGCD(b,a)\text{PGCD}(a, b) = \text{PGCD}(b, a) (commutativité).
  • PGCD(a,b)=PGCD(∣a∣,∣b∣)\text{PGCD}(a, b) = \text{PGCD}(|a|, |b|). On peut toujours travailler avec des entiers positifs.
  • PGCD(a,b)=PGCD(a−b,b)\text{PGCD}(a, b) = \text{PGCD}(a-b, b). Plus généralement, PGCD(a,b)=PGCD(a−kb,b)\text{PGCD}(a, b) = \text{PGCD}(a-kb, b) pour tout entier kk. Cette propriété est la base de l'algorithme d'Euclide.
  • Si d=PGCD(a,b)d = \text{PGCD}(a, b), alors dd est divisible par tout autre diviseur commun de aa et bb.
  • Si kk est un entier positif, alors PGCD(ka,kb)=k×PGCD(a,b)\text{PGCD}(ka, kb) = k \times \text{PGCD}(a, b).
  • PGCD(a,b)=d  ⟺  \text{PGCD}(a, b) = d \iff il existe a′,b′a', b' entiers tels que a=da′a = da', b=db′b = db' et PGCD(a′,b′)=1\text{PGCD}(a', b') = 1. (Les nombres a′a' et b′b' sont premiers entre eux).

Calcul du PGCD par liste de diviseurs

Cette méthode est efficace pour de petits nombres.

  1. Lister tous les diviseurs positifs de aa.
  2. Lister tous les diviseurs positifs de bb.
  3. Identifier les diviseurs communs.
  4. Le plus grand de ces diviseurs communs est le PGCD.

Exemple : PGCD(30,42)\text{PGCD}(30, 42) Diviseurs de 30 : {1,2,3,5,6,10,15,30}\{1, 2, 3, 5, 6, 10, 15, 30\} Diviseurs de 42 : {1,2,3,6,7,14,21,42}\{1, 2, 3, 6, 7, 14, 21, 42\} Diviseurs communs : {1,2,3,6}\{1, 2, 3, 6\}. Donc PGCD(30,42)=6\text{PGCD}(30, 42) = 6.

Algorithme d'Euclide

Principe de l'algorithme d'Euclide

L'algorithme d'Euclide est une méthode efficace pour calculer le PGCD de deux entiers. Il est basé sur la propriété suivante : Pour a,ba, b entiers avec b≠0b \ne 0, si a=bq+ra = bq + r, alors PGCD(a,b)=PGCD(b,r)\text{PGCD}(a, b) = \text{PGCD}(b, r). L'algorithme consiste à appliquer cette propriété de manière répétée :

  1. Diviser aa par bb pour obtenir un reste r1r_1.
  2. Si r1=0r_1 = 0, alors PGCD(a,b)=b\text{PGCD}(a, b) = b.
  3. Sinon, on recommence avec bb et r1r_1. Diviser bb par r1r_1 pour obtenir un reste r2r_2.
  4. Continuer jusqu'à obtenir un reste nul. Le PGCD est le dernier reste non nul.

Mise en œuvre pour le calcul du PGCD

Exemple : Calculons PGCD(1071,1029)\text{PGCD}(1071, 1029) 1071=1029×1+421071 = 1029 \times 1 + 42 PGCD(1071,1029)=PGCD(1029,42)\text{PGCD}(1071, 1029) = \text{PGCD}(1029, 42)

1029=42×24+211029 = 42 \times 24 + 21 PGCD(1029,42)=PGCD(42,21)\text{PGCD}(1029, 42) = \text{PGCD}(42, 21)

42=21×2+042 = 21 \times 2 + 0 PGCD(42,21)=PGCD(21,0)=21\text{PGCD}(42, 21) = \text{PGCD}(21, 0) = 21.

Donc PGCD(1071,1029)=21\text{PGCD}(1071, 1029) = 21.

Démonstration de l'algorithme

La preuve repose sur le fait que l'ensemble des diviseurs communs de (a,b)(a, b) est identique à l'ensemble des diviseurs communs de (b,r)(b, r) lorsque a=bq+ra=bq+r. Soit dd un diviseur commun de aa et bb. Alors d∣ad|a et d∣bd|b. Puisque r=a−bqr = a - bq, dd divise aussi rr (propriété de la divisibilité). Donc dd est un diviseur commun de bb et rr. Inversement, soit d′d' un diviseur commun de bb et rr. Alors d′∣bd'|b et d′∣rd'|r. Puisque a=bq+ra = bq + r, d′d' divise aussi aa. Donc d′d' est un diviseur commun de aa et bb. Ainsi, l'ensemble des diviseurs communs est le même, et par conséquent, le plus grand de ces diviseurs est aussi le même. Le PGCD est conservé à chaque étape. Le dernier reste non nul est le PGCD car il divise le reste précédent (qui est un multiple de lui-même) et le reste nul.

Théorème de Bézout et identité de Bézout

Énoncé du théorème de Bézout

Soient aa et bb deux entiers relatifs non nuls. Il existe des entiers relatifs uu et vv tels que au+bv=PGCD(a,b)au + bv = \text{PGCD}(a, b). Cette relation est appelée identité de Bézout.

Exemple : PGCD(12,18)=6\text{PGCD}(12, 18) = 6. On peut trouver u,vu, v tels que 12u+18v=612u + 18v = 6. Par exemple, 12×(−1)+18×1=−12+18=612 \times (-1) + 18 \times 1 = -12 + 18 = 6. Donc u=−1,v=1u=-1, v=1 est une solution. Il existe une infinité de couples (u,v)(u,v) solutions.

Coefficients de Bézout

Les entiers uu et vv sont appelés coefficients de Bézout. On peut les trouver en "remontant" l'algorithme d'Euclide.

Exemple : Reprenons PGCD(1071,1029)=21\text{PGCD}(1071, 1029) = 21. Les étapes de l'algorithme d'Euclide étaient :

  1. 1071=1029×1+42  ⟹  42=1071−1029×11071 = 1029 \times 1 + 42 \implies 42 = 1071 - 1029 \times 1
  2. 1029=42×24+21  ⟹  21=1029−42×241029 = 42 \times 24 + 21 \implies 21 = 1029 - 42 \times 24

On part de la dernière ligne où le PGCD apparaît : 21=1029−42×2421 = 1029 - 42 \times 24 Maintenant, on remplace 42 par son expression de la ligne 1 : 21=1029−(1071−1029×1)×2421 = 1029 - (1071 - 1029 \times 1) \times 24 21=1029−1071×24+1029×1×2421 = 1029 - 1071 \times 24 + 1029 \times 1 \times 24 21=1029×(1+24)−1071×2421 = 1029 \times (1 + 24) - 1071 \times 24 21=1029×25+1071×(−24)21 = 1029 \times 25 + 1071 \times (-24) Donc, u=−24u=-24 et v=25v=25 sont des coefficients de Bézout pour 1071u+1029v=211071u + 1029v = 21.

Application à la résolution d'équations

Le théorème de Bézout est crucial pour déterminer l'existence de solutions pour les équations diophantiennes linéaires (voir section dédiée plus bas). Une équation de la forme ax+by=cax + by = c a des solutions entières (x,y)(x,y) si et seulement si PGCD(a,b)\text{PGCD}(a,b) divise cc.

Nombres premiers entre eux

Définition

Deux entiers relatifs aa et bb sont dits premiers entre eux si leur plus grand commun diviseur est 1. PGCD(a,b)=1\text{PGCD}(a, b) = 1.

Exemple : PGCD(15,28)=1\text{PGCD}(15, 28) = 1. Donc 15 et 28 sont premiers entre eux. Exemple : PGCD(12,18)=6≠1\text{PGCD}(12, 18) = 6 \ne 1. Donc 12 et 18 ne sont pas premiers entre eux.

Propriétés des nombres premiers entre eux

  • Si aa et bb sont premiers entre eux, alors il existe des entiers u,vu, v tels que au+bv=1au + bv = 1 (c'est une conséquence directe du théorème de Bézout). Cette propriété est souvent utilisée comme définition alternative.
  • Si pp est un nombre premier et aa un entier, alors soit p∣ap | a, soit PGCD(p,a)=1\text{PGCD}(p, a) = 1.
  • Si aa est premier avec bb, et aa est premier avec cc, alors aa est premier avec bcbc.
  • Si a∣bca | bc et PGCD(a,b)=1\text{PGCD}(a, b) = 1, alors a∣ca | c (c'est le théorème de Gauss que nous verrons plus loin).

Lien avec le théorème de Bézout

Le théorème de Bézout établit une équivalence fondamentale : aa et bb sont premiers entre eux   ⟺  \iff il existe des entiers u,vu, v tels que au+bv=1au + bv = 1. Ceci est une condition nécessaire et suffisante pour que aa et bb soient premiers entre eux.

Chapitre 3

PPCM et Théorème de Gauss

Plus Petit Commun Multiple (PPCM)

Définition du PPCM

Soient aa et bb deux entiers relatifs non nuls. Le Plus Petit Commun Multiple de aa et bb, noté PPCM(a,b)\text{PPCM}(a, b), est le plus petit entier naturel non nul qui est un multiple de aa et de bb.

Exemple : Multiples de 12 (positifs) : {12,24,36,48,60,...}\{12, 24, 36, 48, 60, ...\} Multiples de 18 (positifs) : {18,36,54,72,...}\{18, 36, 54, 72, ...\} Les multiples communs sont {36,72,...}\{36, 72, ...\}. Le plus petit est 36. Donc PPCM(12,18)=36\text{PPCM}(12, 18) = 36.

Relation entre PGCD et PPCM

Pour tous entiers naturels non nuls aa et bb, on a la relation fondamentale : PGCD(a,b)×PPCM(a,b)=∣a×b∣\text{PGCD}(a, b) \times \text{PPCM}(a, b) = |a \times b| Cette propriété est très utile car elle permet de calculer l'un si l'on connaît l'autre.

Exemple : PGCD(12,18)=6\text{PGCD}(12, 18) = 6. PPCM(12,18)=12×18PGCD(12,18)=2166=36\text{PPCM}(12, 18) = \frac{12 \times 18}{\text{PGCD}(12, 18)} = \frac{216}{6} = 36. Cela correspond bien à notre calcul précédent.

Calcul du PPCM

  1. Par la relation avec le PGCD : C'est souvent la méthode la plus simple, surtout si le PGCD est déjà calculé (par l'algorithme d'Euclide). PPCM(a,b)=∣a×b∣PGCD(a,b)\text{PPCM}(a, b) = \frac{|a \times b|}{\text{PGCD}(a, b)}.
  2. Par décomposition en facteurs premiers : (Nous verrons cette méthode en détail plus tard) Pour PPCM(12,18)\text{PPCM}(12, 18) : 12=22×3112 = 2^2 \times 3^1 18=21×3218 = 2^1 \times 3^2 On prend chaque facteur premier avec son exposant le plus élevé : 2max⁡(2,1)×3max⁡(1,2)=22×32=4×9=362^{\max(2,1)} \times 3^{\max(1,2)} = 2^2 \times 3^2 = 4 \times 9 = 36.

Théorème de Gauss

Énoncé du théorème de Gauss

Soient a,b,ca, b, c des entiers relatifs non nuls. Si aa divise le produit bcbc et si aa est premier avec bb (c'est-à-dire PGCD(a,b)=1\text{PGCD}(a, b) = 1), alors aa divise cc. ==Si a∣bca | bc et PGCD(a,b)=1\text{PGCD}(a, b) = 1, alors a∣ca | c.==

Exemple : On sait que 6∣(3×4)6 | (3 \times 4), c'est-à-dire 6∣126 | 12. Mais PGCD(6,3)=3≠1\text{PGCD}(6, 3) = 3 \ne 1. Gauss ne s'applique pas. Et effectivement, 6 ne divise pas 4. Par contre, si on prend a=6,b=5,c=12a=6, b=5, c=12. 6∣(5×12)6 | (5 \times 12), c'est-à-dire 6∣606 | 60. Et PGCD(6,5)=1\text{PGCD}(6, 5) = 1. Alors, d'après Gauss, 6∣126 | 12. Ce qui est vrai.

Démonstration du théorème

Puisque PGCD(a,b)=1\text{PGCD}(a, b) = 1, d'après le théorème de Bézout, il existe des entiers uu et vv tels que au+bv=1au + bv = 1. Multiplions cette égalité par cc : auc+bvc=cauc + bvc = c On sait que a∣bca | bc (hypothèse). Donc bc=kabc = ka pour un certain entier kk. Substituons bcbc dans l'équation : auc+(ka)v=cauc + (ka)v = c a(uc+kv)=ca(uc + kv) = c Puisque (uc+kv)(uc + kv) est un entier, cette égalité montre que aa divise cc.

Applications du théorème de Gauss

  • Simplification de fractions : Si a∣ca|c et b∣db|d, alors ab=cd\frac{a}{b} = \frac{c}{d} implique ad=bcad=bc. Si PGCD(a,b)=1\text{PGCD}(a,b)=1, alors a∣ca|c et b∣db|d.
  • Démonstrations d'irrationalité : Par exemple, démontrer que 2\sqrt{2} est irrationnel. Supposons 2=pq\sqrt{2} = \frac{p}{q} avec p,q∈N∗p, q \in \mathbb{N}^* et PGCD(p,q)=1\text{PGCD}(p, q) = 1. 2=p2q2  ⟹  p2=2q22 = \frac{p^2}{q^2} \implies p^2 = 2q^2. Ceci implique que 2∣p22 | p^2. Puisque 2 est premier, si 2∣p22 | p^2, alors 2∣p2 | p. Donc p=2kp = 2k pour un certain entier kk. (2k)2=2q2  ⟹  4k2=2q2  ⟹  2k2=q2(2k)^2 = 2q^2 \implies 4k^2 = 2q^2 \implies 2k^2 = q^2. Ceci implique que 2∣q22 | q^2. Puisque 2 est premier, si 2∣q22 | q^2, alors 2∣q2 | q. Nous avons 2∣p2 | p et 2∣q2 | q. Cela signifie que 2 est un diviseur commun de pp et qq. Ceci contredit l'hypothèse PGCD(p,q)=1\text{PGCD}(p, q) = 1. Donc, l'hypothèse de départ est fausse, et 2\sqrt{2} est irrationnel.

Applications combinées

Résolution de problèmes utilisant PGCD et PPCM

Les problèmes peuvent impliquer de trouver des nombres, des dimensions ou des fréquences. Exemple : Deux engrenages ont 24 et 36 dents. Ils sont marqués au point de contact. Combien de tours doit faire le petit engrenage pour que les marques se retrouvent au même point pour la première fois ? Il faut trouver le plus petit nombre de dents qui soit un multiple de 24 et de 36. C'est le PPCM. PPCM(24,36)\text{PPCM}(24, 36): PGCD(24,36)\text{PGCD}(24, 36): 36=24×1+1236 = 24 \times 1 + 12; 24=12×2+024 = 12 \times 2 + 0. Donc PGCD(24,36)=12\text{PGCD}(24, 36) = 12. PPCM(24,36)=24×3612=2×36=72\text{PPCM}(24, 36) = \frac{24 \times 36}{12} = 2 \times 36 = 72. Le point de contact se retrouvera au bout de 72 dents. Le petit engrenage (24 dents) aura fait 72/24=372/24 = 3 tours. Le grand engrenage (36 dents) aura fait 72/36=272/36 = 2 tours.

Utilisation de Gauss dans des démonstrations

Le théorème de Gauss est souvent utilisé dans les démonstrations d'unicité ou de divisibilité. Par exemple, pour démontrer que si pp est un nombre premier et p∣abp | ab, alors p∣ap | a ou p∣bp | b. Si p∣ap | a, la propriété est vérifiée. Si p∤ap \nmid a, alors comme pp est premier, PGCD(p,a)=1\text{PGCD}(p, a) = 1. Puisque p∣abp | ab et PGCD(p,a)=1\text{PGCD}(p, a) = 1, d'après le théorème de Gauss, p∣bp | b. Ainsi, p∣ap | a ou p∣bp | b. C'est une propriété fondamentale des nombres premiers.

Exemples concrets
*
  • Répartition : Partager 120 billes rouges et 180 billes bleues en paquets identiques, contenant le même nombre de billes de chaque couleur, et le plus grand nombre possible de paquets. On cherche le PGCD de 120 et 180. PGCD(180,120)\text{PGCD}(180, 120): 180=120×1+60180 = 120 \times 1 + 60; 120=60×2+0120 = 60 \times 2 + 0. Donc PGCD(180,120)=60\text{PGCD}(180, 120) = 60. On peut faire 60 paquets. Chaque paquet contiendra 120/60=2120/60 = 2 billes rouges et 180/60=3180/60 = 3 billes bleues.
Chapitre 4

Nombres Premiers et Décomposition

Nombres premiers

Définition et propriétés

Un nombre premier est un entier naturel supérieur à 1 qui a exactement deux diviseurs positifs : 1 et lui-même. Exemples : 2, 3, 5, 7, 11, 13, ... Propriétés importantes :

  • Tout entier naturel supérieur à 1 qui n'est pas premier est dit composé. Il peut s'écrire comme un produit de nombres premiers.
  • Le seul nombre premier pair est 2.
  • Tout nombre composé NN a au moins un diviseur premier pp tel que p≤Np \le \sqrt{N}. Cette propriété est la base des tests de primalité par division.

Infinité des nombres premiers

Euclide a démontré qu'il existe une infinité de nombres premiers. Démonstration par l'absurde (idée) : Supposons qu'il n'existe qu'un nombre fini de nombres premiers : p1,p2,...,pnp_1, p_2, ..., p_n. Considérons le nombre P=(p1×p2×...×pn)+1P = (p_1 \times p_2 \times ... \times p_n) + 1. Si PP est premier, alors c'est un nouveau nombre premier, ce qui contredit notre hypothèse. Si PP est composé, alors il est divisible par un nombre premier. Ce diviseur premier doit être l'un des pip_i. Mais si pi∣Pp_i | P et pi∣(p1×...×pn)p_i | (p_1 \times ... \times p_n), alors pip_i devrait diviser leur différence, c'est-à-dire pi∣1p_i | 1. Ce qui est impossible pour un nombre premier. Donc PP n'est divisible par aucun des pip_i. Il doit donc être premier lui-même, ou divisible par un nombre premier qui n'est pas dans notre liste. Dans les deux cas, cela contredit l'hypothèse de finitude. D'où l'infinité des nombres premiers.

Tests de primalité simples

Pour savoir si un entier NN est premier, on peut tester sa divisibilité par tous les nombres premiers pp tels que p≤Np \le \sqrt{N}. Si aucun de ces nombres premiers ne divise NN, alors NN est premier.

Exemple : Tester si 101 est premier. 101≈10,05\sqrt{101} \approx 10,05. Les nombres premiers à tester sont 2, 3, 5, 7.

  • 101 n'est pas divisible par 2 (impair).
  • Somme des chiffres 1+0+1=21+0+1=2, non divisible par 3.
  • Ne se termine ni par 0 ni par 5, donc non divisible par 5.
  • 101=7×14+3101 = 7 \times 14 + 3, donc non divisible par 7. Puisqu'aucun de ces premiers ne divise 101, 101 est un nombre premier.

Décomposition en facteurs premiers

Théorème fondamental de l'arithmétique

Tout entier naturel NN supérieur à 1 peut être écrit de manière unique (à l'ordre des facteurs près) comme un produit de nombres premiers. Cette décomposition est appelée décomposition en facteurs premiers ou factorisation première. N=p1a1×p2a2×...×pkakN = p_1^{a_1} \times p_2^{a_2} \times ... \times p_k^{a_k} où p1,p2,...,pkp_1, p_2, ..., p_k sont des nombres premiers distincts et a1,a2,...,aka_1, a_2, ..., a_k sont des exposants entiers positifs. Ce théorème est la pierre angulaire de l'arithmétique.

Méthodes de décomposition

Pour décomposer un nombre, on essaie de le diviser par les nombres premiers successifs (2, 3, 5, 7, ...). Exemple : Décomposer 360. 360÷2=180360 \div 2 = 180 180÷2=90180 \div 2 = 90 90÷2=4590 \div 2 = 45 45÷3=1545 \div 3 = 15 15÷3=515 \div 3 = 5 5÷5=15 \div 5 = 1 Donc 360=2×2×2×3×3×5=23×32×51360 = 2 \times 2 \times 2 \times 3 \times 3 \times 5 = 2^3 \times 3^2 \times 5^1.

Unicité de la décomposition

L'unicité est une propriété cruciale. Elle signifie qu'il n'y a qu'une seule façon d'écrire un nombre comme produit de nombres premiers (si on ne tient pas compte de l'ordre). Cette unicité est une conséquence du théorème de Gauss.

Applications de la décomposition

Calcul du PGCD et PPCM via décomposition

Soient a=p1a1×...×pkaka = p_1^{a_1} \times ... \times p_k^{a_k} et b=p1b1×...×pkbkb = p_1^{b_1} \times ... \times p_k^{b_k} (on peut inclure des exposants nuls si un premier n'est pas présent dans la décomposition).

  • PGCD : On prend les facteurs premiers communs avec le plus petit exposant. PGCD(a,b)=p1min⁡(a1,b1)×...×pkmin⁡(ak,bk)\text{PGCD}(a, b) = p_1^{\min(a_1, b_1)} \times ... \times p_k^{\min(a_k, b_k)}
  • PPCM : On prend tous les facteurs premiers (communs ou non) avec le plus grand exposant. PPCM(a,b)=p1max⁡(a1,b1)×...×pkmax⁡(ak,bk)\text{PPCM}(a, b) = p_1^{\max(a_1, b_1)} \times ... \times p_k^{\max(a_k, b_k)}

Exemple : a=360=23×32×51a=360 = 2^3 \times 3^2 \times 5^1 et b=108=22×33×50b=108 = 2^2 \times 3^3 \times 5^0. PGCD(360,108)=2min⁡(3,2)×3min⁡(2,3)×5min⁡(1,0)=22×32×50=4×9×1=36\text{PGCD}(360, 108) = 2^{\min(3,2)} \times 3^{\min(2,3)} \times 5^{\min(1,0)} = 2^2 \times 3^2 \times 5^0 = 4 \times 9 \times 1 = 36. PPCM(360,108)=2max⁡(3,2)×3max⁡(2,3)×5max⁡(1,0)=23×33×51=8×27×5=1080\text{PPCM}(360, 108) = 2^{\max(3,2)} \times 3^{\max(2,3)} \times 5^{\max(1,0)} = 2^3 \times 3^3 \times 5^1 = 8 \times 27 \times 5 = 1080.

Vérification de la relation PGCD×PPCM=ab\text{PGCD} \times \text{PPCM} = ab: 36×1080=3888036 \times 1080 = 38880 360×108=38880360 \times 108 = 38880. La relation est vérifiée.

Nombre de diviseurs

Si N=p1a1×p2a2×...×pkakN = p_1^{a_1} \times p_2^{a_2} \times ... \times p_k^{a_k}, le nombre de diviseurs positifs de NN, noté τ(N)\tau(N), est donné par : τ(N)=(a1+1)(a2+1)...(ak+1)\tau(N) = (a_1+1)(a_2+1)...(a_k+1) Exemple : Nombre de diviseurs de 360=23×32×51360 = 2^3 \times 3^2 \times 5^1. τ(360)=(3+1)(2+1)(1+1)=4×3×2=24\tau(360) = (3+1)(2+1)(1+1) = 4 \times 3 \times 2 = 24. 360 a 24 diviseurs positifs.

Carrés parfaits, cubes parfaits

Un entier est un carré parfait si tous les exposants de sa décomposition en facteurs premiers sont pairs. Exemple : 36=22×3236 = 2^2 \times 3^2. Les exposants 2 et 2 sont pairs. Un entier est un cube parfait si tous les exposants de sa décomposition en facteurs premiers sont des multiples de 3. Exemple : 216=63=(2×3)3=23×33216 = 6^3 = (2 \times 3)^3 = 2^3 \times 3^3. Les exposants 3 et 3 sont multiples de 3.

Chapitre 5

Équations Diophantiennes Linéaires

Introduction aux équations diophantiennes

Définition d'une équation diophantienne

Une équation diophantienne est une équation dont les solutions recherchées sont des entiers (généralement relatifs). Le terme vient du mathématicien grec Diophante d'Alexandrie.

Exemple : x2+y2=z2x^2 + y^2 = z^2 (triplets pythagoriciens). Les solutions sont des entiers. 32+42=52  ⟹  9+16=253^2 + 4^2 = 5^2 \implies 9 + 16 = 25.

Existence de solutions

L'existence de solutions entières n'est pas toujours garantie, même si des solutions réelles existent. Exemple : 2x=32x = 3. Solution réelle x=3/2x = 3/2, mais pas de solution entière.

Cas particulier des équations linéaires

Nous nous intéresserons aux équations diophantiennes linéaires de la forme ax+by=cax + by = c, où a,b,ca, b, c sont des entiers donnés, et nous cherchons les couples d'entiers (x,y)(x, y) solutions.

Résolution de ax + by = c

Condition d'existence de solutions (PGCD(a,b) divise c)

Une équation diophantienne linéaire ax+by=cax + by = c admet des solutions entières (x,y)(x, y) si et seulement si PGCD(a,b)\text{PGCD}(a, b) divise cc.

Démonstration :

  • Sens direct : Si (x0,y0)(x_0, y_0) est une solution, alors ax0+by0=cax_0 + by_0 = c. Soit d=PGCD(a,b)d = \text{PGCD}(a, b). Alors d∣ad | a et d∣bd | b. Donc d∣ax0d | ax_0 et d∣by0d | by_0. Par propriété de la divisibilité, d∣(ax0+by0)d | (ax_0 + by_0), donc d∣cd | c.
  • Sens réciproque : Si d∣cd | c, alors c=kdc = kd pour un certain entier kk. D'après le théorème de Bézout, il existe des entiers u,vu, v tels que au+bv=dau + bv = d. Multiplions cette égalité par kk : a(ku)+b(kv)=kd=ca(ku) + b(kv) = kd = c. Donc (x0,y0)=(ku,kv)(x_0, y_0) = (ku, kv) est une solution particulière de l'équation.

Méthode de résolution (Bézout et Gauss)

  1. Vérifier la condition d'existence : Calculer d=PGCD(a,b)d = \text{PGCD}(a, b) (avec l'algorithme d'Euclide). Si d∤cd \nmid c, il n'y a pas de solutions entières.
  2. Trouver une solution particulière :
    • Si d=1d=1, utiliser l'algorithme d'Euclide étendu pour trouver u,vu, v tels que au+bv=1au + bv = 1. Alors (x0,y0)=(uc,vc)(x_0, y_0) = (uc, vc) est une solution particulière de ax+by=cax+by=c.
    • Si d>1d > 1, on peut diviser l'équation par dd : a′x+b′y=c′a'x + b'y = c' où a′=a/da' = a/d, b′=b/db' = b/d, c′=c/dc' = c/d. On a PGCD(a′,b′)=1\text{PGCD}(a', b') = 1. On résout alors a′x+b′y=c′a'x + b'y = c' pour trouver une solution particulière (x0,y0)(x_0, y_0). On utilise l'algorithme d'Euclide étendu pour trouver u,vu, v tels que a′u+b′v=1a'u + b'v = 1. Alors x0=uc′x_0 = u c' et y0=vc′y_0 = v c' est une solution particulière de a′x+b′y=c′a'x + b'y = c'.
  3. Déterminer l'ensemble des solutions : Soit (x0,y0)(x_0, y_0) une solution particulière de ax+by=cax+by=c. L'équation peut s'écrire a(x−x0)+b(y−y0)=0a(x-x_0) + b(y-y_0) = 0, ou a(x−x0)=−b(y−y0)a(x-x_0) = -b(y-y_0). Divisons par d=PGCD(a,b)d = \text{PGCD}(a, b) : a′(x−x0)=−b′(y−y0)a'(x-x_0) = -b'(y-y_0) où a′=a/da'=a/d et b′=b/db'=b/d. Puisque PGCD(a′,b′)=1\text{PGCD}(a', b') = 1, et a′∣b′(y−y0)a' | b'(y-y_0), par le théorème de Gauss, a′∣(y−y0)a' | (y-y_0). Donc y−y0=ka′y-y_0 = k a' pour un certain entier kk. D'où y=y0+kady = y_0 + k \frac{a}{d}. En substituant dans l'équation, on trouve x=x0−kbdx = x_0 - k \frac{b}{d}. L'ensemble des solutions est donné par : x=x0−kbPGCD(a,b)x = x_0 - k \frac{b}{\text{PGCD}(a, b)} y=y0+kaPGCD(a,b)y = y_0 + k \frac{a}{\text{PGCD}(a, b)} où k∈Zk \in \mathbb{Z}.

Exemple : Résoudre 6x+15y=336x + 15y = 33.

  1. PGCD(6,15)=3\text{PGCD}(6, 15) = 3. 3333 est divisible par 33. Il y a des solutions.
  2. On divise l'équation par 3 : 2x+5y=112x + 5y = 11. On cherche une solution particulière pour 2x+5y=112x + 5y = 11. On sait que PGCD(2,5)=1\text{PGCD}(2, 5) = 1. Algorithme d'Euclide pour 2 et 5 : 5=2×2+1  ⟹  1=5−2×25 = 2 \times 2 + 1 \implies 1 = 5 - 2 \times 2. Ici, u=−2,v=1u=-2, v=1 sont des coefficients de Bézout pour 2u+5v=12u+5v=1. Pour 2x+5y=112x+5y=11, une solution particulière est x0=(−2)×11=−22x_0 = (-2) \times 11 = -22 et y0=(1)×11=11y_0 = (1) \times 11 = 11. Vérification : 2(−22)+5(11)=−44+55=112(-22) + 5(11) = -44 + 55 = 11. C'est correct.
  3. L'ensemble des solutions est : x=x0−kbPGCD(a,b)=−22−k51=−22−5kx = x_0 - k \frac{b}{\text{PGCD}(a, b)} = -22 - k \frac{5}{1} = -22 - 5k y=y0+kaPGCD(a,b)=11+k21=11+2ky = y_0 + k \frac{a}{\text{PGCD}(a, b)} = 11 + k \frac{2}{1} = 11 + 2k où k∈Zk \in \mathbb{Z}.

Applications et problèmes concrets

Problèmes de partage

Ces équations sont très utiles pour des problèmes de partage, de monnaie, de mélange, etc., où les quantités doivent être entières. Exemple : Un groupe d'amis a payé 33€ pour des pommes et des oranges. Une pomme coûte 2€ et une orange 5€. Combien de pommes et d'oranges ont-ils acheté ? C'est exactement l'équation 2x+5y=332x + 5y = 33, où xx est le nombre de pommes et yy le nombre d'oranges. Les solutions sont x=−22−5kx = -22 - 5k et y=11+2ky = 11 + 2k. Puisque le nombre de fruits doit être positif : x≥0  ⟹  −22−5k≥0  ⟹  −22≥5k  ⟹  k≤−22/5  ⟹  k≤−4.4x \ge 0 \implies -22 - 5k \ge 0 \implies -22 \ge 5k \implies k \le -22/5 \implies k \le -4.4. y≥0  ⟹  11+2k≥0  ⟹  2k≥−11  ⟹  k≥−11/2  ⟹  k≥−5.5y \ge 0 \implies 11 + 2k \ge 0 \implies 2k \ge -11 \implies k \ge -11/2 \implies k \ge -5.5. Donc kk doit être un entier tel que −5.5≤k≤−4.4-5.5 \le k \le -4.4. La seule valeur possible pour kk est −5-5. Pour k=−5k=-5 : x=−22−5(−5)=−22+25=3x = -22 - 5(-5) = -22 + 25 = 3 y=11+2(−5)=11−10=1y = 11 + 2(-5) = 11 - 10 = 1 Ils ont acheté 3 pommes et 1 orange. Vérification : 2×3+5×1=6+5=112 \times 3 + 5 \times 1 = 6 + 5 = 11. Ah, l'énoncé d'origine était 2x+5y=112x+5y=11. Mon exemple est faux. Reprenons 2x+5y=112x+5y=11. x=−22−5k≥0  ⟹  k≤−4.4x = -22 - 5k \ge 0 \implies k \le -4.4. y=11+2k≥0  ⟹  k≥−5.5y = 11 + 2k \ge 0 \implies k \ge -5.5. Donc k=−5k=-5 est la seule solution. x=3x=3 et y=1y=1.

Cryptographie simple

Bien que la cryptographie moderne utilise des méthodes plus complexes, les équations diophantiennes et les congruences sont à la base de nombreux algorithmes. Par exemple, la recherche d'inverses modulaires est une forme d'équation diophantienne.

Exemples issus d'olympiades
*

Les équations diophantiennes sont un sujet classique des compétitions mathématiques, nécessitant souvent une combinaison astucieuse du théorème de Bézout, de Gauss et des propriétés de divisibilité.

Chapitre 6

Petit Théorème de Fermat et Applications

Le petit théorème de Fermat

Énoncé du théorème

Soit pp un nombre premier. Pour tout entier relatif aa non divisible par pp, on a : ap−1≡1(modp)a^{p-1} \equiv 1 \pmod{p} Une forme équivalente, valable pour tout entier aa (même si p∣ap|a), est : ap≡a(modp)a^p \equiv a \pmod{p}

Exemple : Soit p=5p=5 (nombre premier). Prenons a=2a=2. 25−1=24=162^{5-1} = 2^4 = 16. 16≡1(mod5)16 \equiv 1 \pmod{5} car 16=5×3+116 = 5 \times 3 + 1. Le théorème est vérifié. Prenons a=3a=3. 35−1=34=813^{5-1} = 3^4 = 81. 81≡1(mod5)81 \equiv 1 \pmod{5} car 81=5×16+181 = 5 \times 16 + 1. Le théorème est vérifié. Prenons a=5a=5. aa est divisible par pp. Le théorème ne s'applique pas directement sous la première forme. Par contre, ap≡a(modp)a^p \equiv a \pmod{p} donne 55≡5(mod5)5^5 \equiv 5 \pmod{5}, ce qui est 0≡0(mod5)0 \equiv 0 \pmod{5}. C'est vrai.

Démonstration pour les cas simples

La démonstration générale est un peu complexe, mais l'idée peut être comprise. Considérons l'ensemble des entiers {1,2,...,p−1}\{1, 2, ..., p-1\} modulo pp. Multiplions chaque élément par aa (où aa n'est pas un multiple de pp) : {a×1,a×2,...,a×(p−1)}\{a \times 1, a \times 2, ..., a \times (p-1)\} modulo pp. Ces p−1p-1 produits sont tous distincts modulo pp et aucun n'est congru à 0 modulo pp. Donc, l'ensemble {a×1,a×2,...,a×(p−1)}\{a \times 1, a \times 2, ..., a \times (p-1)\} modulo pp est une permutation de l'ensemble {1,2,...,p−1}\{1, 2, ..., p-1\} modulo pp. Le produit de tous les éléments du premier ensemble est congruent au produit de tous les éléments du second ensemble. (a×1)×(a×2)×...×(a×(p−1))≡1×2×...×(p−1)(modp)(a \times 1) \times (a \times 2) \times ... \times (a \times (p-1)) \equiv 1 \times 2 \times ... \times (p-1) \pmod{p} ap−1×(1×2×...×(p−1))≡(1×2×...×(p−1))(modp)a^{p-1} \times (1 \times 2 \times ... \times (p-1)) \equiv (1 \times 2 \times ... \times (p-1)) \pmod{p} Soit M=(p−1)!M = (p-1)!. Puisque pp est premier, MM n'est pas divisible par pp. On peut donc "diviser" par MM modulo pp. ap−1≡1(modp)a^{p-1} \equiv 1 \pmod{p}.

Conditions d'application

  • pp doit être un nombre premier. Si pp n'est pas premier, le théorème est faux. Exemple : p=4p=4 (non premier). a=3a=3. 34−1=33=273^{4-1} = 3^3 = 27. 27≢1(mod4)27 \not\equiv 1 \pmod{4} car 27=4×6+327 = 4 \times 6 + 3.
  • Pour la forme ap−1≡1(modp)a^{p-1} \equiv 1 \pmod{p}, aa ne doit pas être un multiple de pp. La forme ap≡a(modp)a^p \equiv a \pmod{p} est plus générale et fonctionne toujours.

Applications des congruences

Calcul de puissances modulo n

Le Petit Théorème de Fermat est extrêmement utile pour simplifier le calcul de grandes puissances modulo un nombre premier. Exemple : Quel est le reste de 21002^{100} dans la division par 7 ? Ici p=7p=7 (premier) et a=2a=2 (non multiple de 7). D'après Fermat, 27−1≡26≡1(mod7)2^{7-1} \equiv 2^6 \equiv 1 \pmod{7}. On écrit 100=6×16+4100 = 6 \times 16 + 4. 2100=26×16+4=(26)16×24(mod7)2^{100} = 2^{6 \times 16 + 4} = (2^6)^{16} \times 2^4 \pmod{7} 2100≡116×24(mod7)2^{100} \equiv 1^{16} \times 2^4 \pmod{7} 2100≡1×16(mod7)2^{100} \equiv 1 \times 16 \pmod{7} 2100≡2(mod7)2^{100} \equiv 2 \pmod{7} (car 16=7×2+216 = 7 \times 2 + 2). Le reste est 2. C'est beaucoup plus rapide que de calculer les puissances successives comme nous l'avons fait précédemment.

Simplification de calculs

Le théorème permet de réduire des exposants très élevés modulo un premier pp à des exposants plus petits (inférieurs à pp). Si on cherche aE(modp)a^E \pmod{p}, on calcule E(modp−1)E \pmod{p-1}. Soit E=k(p−1)+rE = k(p-1) + r. Alors aE=ak(p−1)+r=(ap−1)k×ar≡1k×ar≡ar(modp)a^E = a^{k(p-1)+r} = (a^{p-1})^k \times a^r \equiv 1^k \times a^r \equiv a^r \pmod{p}. Donc il suffit de calculer ar(modp)a^r \pmod{p} où rr est le reste de la division de EE par p−1p-1.

Tests de primalité (limites)

Le Petit Théorème de Fermat peut être utilisé comme un test de primalité probabiliste. Si un nombre nn est premier, alors pour tout aa non divisible par nn, an−1≡1(modn)a^{n-1} \equiv 1 \pmod{n}. Si cette congruence n'est pas vérifiée pour un certain aa, alors nn n'est certainement pas premier. Cependant, la réciproque n'est pas vraie : il existe des nombres composés nn (appelés nombres de Carmichael) pour lesquels an−1≡1(modn)a^{n-1} \equiv 1 \pmod{n} pour tout aa premier avec nn. Exemple : 561 est un nombre de Carmichael. Donc, si le test est positif, nn est "probablement" premier, mais pas "certainement". Ces tests sont utilisés en pratique car les nombres de Carmichael sont rares.

Cryptographie RSA (introduction)

Principe de la cryptographie à clé publique

La cryptographie RSA (Rivest-Shamir-Adleman) est un algorithme de cryptographie asymétrique, c'est-à-dire qu'elle utilise une paire de clés : une clé publique pour le chiffrement (accessible à tous) et une clé privée pour le déchiffrement (connue seulement du destinataire). La sécurité de RSA repose sur la difficulté de factoriser de grands nombres en leurs facteurs premiers.

Rôle des nombres premiers

  1. Choix de deux grands nombres premiers pp et qq.
  2. Calcul de leur produit n=p×qn = p \times q. Ce nn fait partie de la clé publique.
  3. Calcul de l'indicatrice d'Euler ϕ(n)=(p−1)(q−1)\phi(n) = (p-1)(q-1). Cette valeur est gardée secrète.
  4. Choix d'un entier ee (exposant de chiffrement) tel que 1<e<ϕ(n)1 < e < \phi(n) et PGCD(e,ϕ(n))=1\text{PGCD}(e, \phi(n)) = 1. ee fait partie de la clé publique.
  5. Calcul de l'entier dd (exposant de déchiffrement) tel que ed≡1(modϕ(n))ed \equiv 1 \pmod{\phi(n)}. dd est l'inverse modulaire de ee modulo ϕ(n)\phi(n), et il est calculé grâce à l'algorithme d'Euclide étendu. dd fait partie de la clé privée.

Exemple simplifié de chiffrement/déchiffrement

  • Clé publique : (n,e)(n, e)
  • Clé privée : (n,d)(n, d) (où dd a été calculé à partir de p,q,ep, q, e)

Pour chiffrer un message MM (un entier) : C=Me(modn)C = M^e \pmod{n} Pour déchiffrer le message chiffré CC : M=Cd(modn)M = C^d \pmod{n}

La magie opère grâce au Petit Théorème de Fermat (ou plus précisément au théorème d'Euler, une généralisation de Fermat) et aux propriétés des congruences, qui garantissent que (Me)d≡M(modn)(M^e)^d \equiv M \pmod{n}. La difficulté de casser RSA réside dans le fait que pour trouver dd, il faut connaître ϕ(n)\phi(n), ce qui nécessite de connaître pp et qq. Or, factoriser nn en pp et qq est très difficile pour de grands nombres (nn de plusieurs centaines de chiffres).

C'est une illustration magnifique de la façon dont les propriétés des nombres premiers, étudiées depuis des siècles, trouvent des applications cruciales dans le monde moderne de la sécurité informatique.

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